Le prix du brut dépasse 144 $US

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AFP
Édition du jeudi 03 juillet 2008

Mots clés : pétrole, Énergie, Économie, États-Unis (pays)

New York -- Le prix du pétrole a dépassé pour la première fois le seuil des 144 $ le baril à New York et à Londres hier, suite à la chute imprévue des stocks de brut aux États-Unis et à la perte de valeur continue du dollar, qui rend moins chères les matières premières.

Vers 18h40 GMT, le baril de pétrole Brent de la mer du Nord est monté à 144,65 $, un niveau inédit. Il se repliait légèrement ensuite à 144,59 $, mais restait en hausse de près de 4 $ par rapport à son cours de la veille.

À New York, le baril de light sweet crude, moins lourd et moins soufré et donc normalement plus cher, a également passé les 144 $, en se hissant à 144,15 $ pour livraison en août. Il a fini la séance à un plus haut: 143,57 $, soit une progression de 2,60 $ par rapport à mardi.

«Les stocks de brut restent à un niveau très bas aux États-Unis. Ce qui constitue une nouvelle opportunité pour une flambée des prix», a expliqué Thierry Lefrançois, économiste chez Natixis.

Les réserves de brut des États-Unis ont fortement reculé de 2 millions de barils, à 299,8 millions de barils, la semaine dernière et sont désormais de 15,3 % inférieures à leur niveau il y a un an plus tôt, a annoncé le département américain à l'Énergie hier.

Ce déclin inattendu des disponibilités américaines intervient dans un contexte de craintes sur les approvisionnements, notamment dans le Golfe.

L'Iran a plaidé hier pour un compromis négocié sur son dossier nucléaire tout en brandissant la menace d'une réponse sévère et d'une flambée du pétrole s'il était attaqué.

Teheran envisagerait de mettre en place des contrôles sur les livraisons passant par le détroit d'Ormuz, où transitent 40 % des exportations mondiales de brut, s'inquiètent les intervenants.

La monnaie américaine est par ailleurs tombée à près de 1,59 $ pour un euro hier. Ce qui incite les investisseurs hors zone dollar, cherchant à se protéger de l'inflation, à acheter les matières premières.

Le dollar pâtit des anticipations de hausse des taux d'intérêt européens jeudi, indiquent les analystes. Ce scénario rendrait en effet les placements en euros plus attractifs.


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