Vos réactions
M. Prudhomme
Permettez-moi de vous citer à mon tour...
« Ce message (fort semblable à celui de l'Église) retire le droit à la femme de contrôler sa fertilité, en ramenant la maternité comme mission première. »
Où avez-vous lu une telle chose dans mon commentaire ? Vous prêtez des intentions à mon texte à partir d'un a priori typiquement idéologique véhiculé par la police des idées. Je suis une femme, parfaitement femme, et mère de deux beaux enfants. Personne ne contrôle ni ma fertilité ni mon désir de m'accomplir professionnellement ni ne s'introduit dans mon utérus sans mon consentement (spécialement un avorteur dont on fait l'éloge ! Une dame sur ces pages s'indigne qu'on tente - la gent masculine entendons-nous - de pénétrer dans son utérus mais elle ne s'indigne pas qu'un avorteur non seulement y pénètre mais tue ce qu'elle a en elle... étonnant quand même.). Mon corps n'est pas une machine à faire des bébés mais il est en même temps le réceptacle de la vie. La parentalité responsable ça existe. Je la pratique. Aux dernières nouvelles, c'est encore la femme qui met au monde l'enfant. Pour ne pas vouloir d'enfant, il faut soit s'abstenir ou laisser au corps de la femme des temps de répit (nous ne sommes pas des bêtes) pour éviter les « accidents » et, si un tel accident devait survenir, il faut le voir non pas comme une maladie ou une tare (voire même "accident" est un très mauvais terme) mais comme un cadeau de la vie qui nous aidera à sortir de nous-mêmes, de sortir de notre nombrilisme, de vivre autre chose que ce que nous avions prévu avec la lunette étroite de notre petit moi égocentrique...
Je vous cite encore : « Du même coup, il en affecte les nombreux acquis du féminisme, qui tente de donner un accès plus grand à une autonomie financière et personnelle qui ne peut être acquise qu'en permettant à la femme de contrôler la procréation. »
Sachez monsieur que je me débrouille très bien professionnellement et que mes enfants ne souffrent pas de mon absence de manière exagérée car j'ai fait le choix, pour quelques années, de travailler à temps partiel (eh oui, ça coûte un peu : une seule voiture plutôt que deux...pas de câble...) et ainsi revenir graduellement à un horaire complet au fur et à mesure qu'ils grandissent et prennent de l'autonomie. C'est un choix pour la vie, un choix pour la famille, c'est exigeant mais ça veut le coup. Ce que vous dites n'est pas significatif car les familles éclatées sont d'autant plus difficiles à gérer au niveau du temps de qualité, du travail, des activités. Je suis féministe, croyez-le ou non, mais pour un vrai féminisme : que la femme soit reconnue dans sa dignité (égale à celle de l'homme) tout en revendiquant mon droit de ne pas être... un homme ! Les deux sexes sont différents et j'assume ces différences sans m'indigner des charismes que le sexe opposé a reçu de la nature et qui ne sont pas les mêmes que j'ai reçus mais qui doivent se compléter sans être en opposition. Sachez également que mon époux est à la maison...
Je vous cite à nouveau : « La seconde affirmation que vous posez, cependant, met en lien direct la dénatalité et l'avortement. »
Je n'ai pas affirmé qu'elle est en lien direct...mais elle est une des conséquences majeures parmi d'autres facteurs (la contraception entre autres en est une autre). J'aurai peut-être dû préciser...
Je vous re-cite : « On entend souvent ce message que vous criez haut et fort à savoir que ''la dénatalité serait une conséquence de l'avortement''. Pourtant, lorsque les statistiques sont analysées de façon rigoureuse, on constate que seulement 18 IVG (interruption volontaire de grossesse) sont pratiquées pour 1000 femmes en âge de procréer. L'avortement réduit donc le taux des naissances de 0,018 par femme. Pas de quoi repeupler le Québec, je me trompe? »
Ce site tendancieux aura beau faire la gymnastique avec les chiffres, la réalité est que 38 % d'enfants à naître sur 100 naissances ne naissent pas. Aussi, on ne parle pas de la pilule du lendemain qui a fait son entrée en force et qui n'est rien d'autre qu'abortive...
Vous dites : « Finalement, on constate dans le gradient d'évolution des 10 dernières années que le Québec a connu une diminution de près de 4 à 6 avortements par 100 naissances vivantes. Alors l'argument voulant que le nombre d'IVG ne cesse d'augmenter et que la nouvelle génération l'utilise comme contraception est également faux. »
Je cite le site du « Planning (anti) familial » :
« Les femmes vivent 40 ans de fertilité (environ de 12 à 52 ans), donc autour de 400 ovulations. Il n'est donc pas étonnant qu'elles aient à faire face à une grossesse non planifiée à un moment qu'elles jugent inapproprié dans leur vie. Le nombre d'avortements dans la vie de chaque Québécoise en moyenne a été évalué à 1,7 en 1998, ce qui est loin d'être anormal ou dramatique (Josée Boileau, Le Devoir, 25-01-03). Le préjugé voulant que les Québécoises utilisent l'avortement comme moyen de contraception ne correspond pas à la réalité. »
C'est vraiment pas grand-chose que chaque femme ait tué 1,7 bébé dans leur vie... vous ne comprenez pas que la valeur de la vie d'un être humain ne nous autorise pas à en éliminer un seul ?
Encore du site de planning (anti)familiale : « Or, le fait de vivre un ou même plusieurs avortements au cours de cette période est bien peu en comparaison avec le nombre de fois où les femmes ont une relation sexuelle et à utiliser un contraceptif. »
C'est bien peu en effet de tuer un ou plusieurs bébés dans une vie...de toute manière Hérode a bien fait pire...
Citation tirée du site sur le « planning (anti)familial » proposé par M. Prudhomme :
« Depuis quelques années, des médias diffusent une lecture des statistiques sur l'avortement qui suggère que les Québécoises avorteraient trop. Nous ne partageons pas cette approche qui ramène sous de nouveaux habits l'idée selon laquelle la responsabilité de la reproduction de l'espèce humaine relèverait « naturellement » des femmes et non de la société dans son ensemble. »
Cette affirmation - particulièrement la dernière phrase - est risible. Aux dernières nouvelles c'est encore dans le sein de la mère que l'enfant fait son nid... on aura beau vouloir le nier mais c'est un fait de la nature. Vouloir nier la nature, c'est se mettre la tête dans le sable et se rejeter soi-même avec mépris.
Et finalement, la cerise sur le Sunday de notre cher site de planning anti-familiale : « L'autonomie des femmes face au choix d'avoir ou non des enfants, face au nombre et au moment approprié pour les avoir, leur permet d'avoir une prise sur leur vie. Il faut la renforcer et non la restreindre. Si cette autonomie les amène à choisir l'avortement, ce n'est pas par caprice ou irresponsabilité, quoique les moralistes en disent, au contraire. Elles sont les plus à même d'en juger. »
C'est ahurissant de dire cela. Qu'elles (et l'homme impliqué, entendons-nous que c'est la responsabilité des deux) prennent donc la responsabilité de leurs actions (il est de bon ton de se déresponsabiliser de nos jours) : un acte sexuel à deux a toujours conduit à la rencontre d'une ovule et d'un spermatozoïde depuis que le monde est monde (prenez un petit cours de biologie 101) et cette rencontre crée un être humain à coup sûr et pas une vache ou une poule (c'est le résultat de l'étreinte, toujours selon la science, et c'est pas un fantasme de religieux... je connais même des athées purs et durs qui sont contre l'avortement). Faire semblant que ça n'aboutira pas en une possible grossesse ou se mettre la tête dans le sable à cette réalité de fait biologique est symptomatique de notre société individualiste, hédoniste, égoïste et témoigne d'un engourdissement des consciences quant aux conséquences de ses actions. Faire comme si l'acte sexuel pouvait être séparé de la vie qui peut surgir de lui est d'une irresponsabilité crasse typique de nos sociétés soit disant évoluées (alors que nous baignons en pleine barbarie).
Cordialement,
Hélène
www.ephata.actifforum.com
