Des experts s'inquiètent de la course folle aux ressources de l'Arctique

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La Presse canadienne
Édition du lundi 30 juin 2008

Mots clés : Ressource naturelle, Arctique et Antarctique (Région)

Edmonton -- Un groupe d'experts internationaux a mis en garde les pays du monde contre une course folle aux ressources de l'Arctique et a demandé la conclusion rapide d'ententes sur des normes de développement, d'environnement et de sécurité.

Dans un rapport produit par 40 chercheurs provenant de six pays et rendu public récemment, il est question de quatre scénarios pour l'avenir, dont une militarisation exponentielle de l'Arctique. Les experts soutiennent que les tensions politiques sont déjà fortes, à cause du désir de plusieurs pays de s'approprier les ressources en énergie, en minéraux et en eau potable.

L'auteur principal du rapport, Lawson Brigham, a fait valoir qu'on se dirigeait à tout le moins vers un développement chaotique qui fait peu de cas de la protection de l'environnement. Selon la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, les pays entourant l'océan Arctique ont jusqu'en 2013 pour présenter leurs revendications, et une décision sur le partage des ressources ne sera vraisemblablement pas connue avant 2020.

M. Brigham estime que cette échéance ne doit pas empêcher les gouvernements de travailler dès maintenant pour des ententes particulières. Les plus grandes mines de zinc et de nickéline au monde se trouvent déjà dans l'Arctique. L'exploitation d'une vaste mine de fer est projetée dans l'île de Baffin.

Récemment, la société BP a misé 1,18 milliard de dollars sur des droits d'exploration dans la mer de Beaufort, au Canada. En février, Shell a versé 2,1 milliards au gouvernement américain pour des concessions gazières et pétrolières dans la mer de Chukchi, et ExxonMobil Canada a misé l'été dernier 585 millions sur des droits d'exploration à l'extérieur des côtes du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest.

«En fait, l'industrie maritime mondiale a déjà fait son nid dans l'Arctique, a souligné M. Brigham, qui a déjà été chef de la planification au sein de la garde côtière américaine. Nous devons nous concerter pour protéger l'océan Arctique. Les diplomates disent que tout est sous contrôle. Je n'en suis pas certain.»


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