Vos réactions
Une stratégie condamnée à l'échec
Il y'a quelques années lorsque l'ADQ a commencé à décoller dans les sondages, les responsables de ce parti ont identifié les électeurs péquistes comme vivier électoral prioritaire. C'était une erreur stratégique.
Fondamentalement, il existe deux sortes de péquistes: les nationalistes purs et durs, et les opportunistes. Pour les premiers, l'indépendance du Québec n'est pas un objectif négociable, pas plus que l'Islam pour le Hezbollah: il n'y avait aucune chance que ces électeurs là se rallient à la vision autonomiste de l'ADQ. Les seconds au fond votent PQ surtout parce que ce parti soutient un modèle d'État providence interventionniste, certains diraient soviétique, dont ils sont ou pensent être les bénéficiaires: impossible de les convaincre sans abandonner les réformes économiques à saveur libérale qui avaient mis l'ADQ sur la map.
La stratégie électorale de Mario Dumont était donc vouée à l'échec. Le réservoir d'électeurs pour l'ADQ, il n'est pas au PQ, mais au PLQ, parmi la classe moyenne exaspérés de l'impuissance de Jean Charest à mettre en oeuvre les réformes qu'il avait pourtant promis, tant sur l'économie que la taille de l'État ou la fiscalité, et qu'il avait d'ailleurs pour la plupart empruntées au programme de l'ADQ. Obnubilée à tort par la question nationale, en partie à cause de la trop grande homogénéité 'ethnique' de sa base, l'ADQ a manqué de clairvoyance, et le paie aujourd'hui.
Cette erreur stratéquique, elle affecte également la crédibilité de Mario Dumont: qui pourra avoir confiance dans un leader capable de se leurrer à ce point?
