De qui s'agit-il ? - Elle aimait entre autres choses les voitures et la vitesse

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Éric Dupont
Édition du samedi 28 et du dimanche 29 juin 2008

Mots clés : vitesse, voitures, énigme, Livre, Québec (province)

Cet été, Le Devoir vous propose chaque samedi une énigme qui mettra à l'épreuve vos connaissances de la vie de quelques grands auteurs disparus. Il s'agira de deviner l'identité de chacun à partir d'indices laissés par Éric Dupont. Découvrez la réponse dans le cahier Livres de la semaine prochaine.

Enfant craintive, il lui arrivera de dormir dans le lit de sa mère originaire du Pas-de-Calais. Longtemps elle attendra avant de parler de son enfance traumatisante. Malgré les origines normandes de sa mère, elle avouera qu'enfant, elle n'aimait pas les pommes, dont elle trouvait la chair cotonneuse. Sur sa mère, elle tiendra un jour le discours suivant: «J'étais toujours d'accord sur les motifs qui faisaient que maman me battait, mais pas sur les moyens.» Un jour, on l'amena au jardin botanique où elle fut témoin d'un spectacle terrifiant: un boa avalant un poulet. Le spectacle la marquera assez pour qu'elle en parle dans ses livres des années plus tard. Elle ne saura que très peu de chose sur son père mort de dysenterie et dont la disparition soudaine précipitera la famille dans la précarité. Il ne lui restera de lui que des photographies. La mère insistera pour que sa fille poursuive des études parce que c'est, selon elle, le seul moyen de s'en sortir.

D'abord aiguillée par sa mère vers une agrégation de mathématiques, elle passera le reste de son existence à résoudre les équations complexes des rapports familiaux. Elle décrochera quand même une licence en droit. Elle restera pragmatique dans la vie de tous les jours. Pour preuve, elle gardera sur un des murs de sa maison une liste de provisions où figurent le nuoc mam, le scotch brite, les pâtes, le nescafé et le vin. Ses lecteurs seront mis au courant de cette liste et d'autres détails de sa vie matérielle dans un de ses livres.

Soucieuse du détail dans tout ce qu'elle entreprend, elle écrira notamment sur la soupe aux poireaux qu'elle conseille de la faire cuire vingt minutes seulement et non pendant deux heures. Autrement, dit-elle, «la soupe aux poireaux n'est qu'un potage de légumes». Sa tenue vestimentaire, d'une sobriété légendaire, fera néanmoins l'objet de maints commentaires. Elle adoptera un look que ses admiratrices tenteront d'imiter et qui inspirera même un couturier parisien. Devant la multiplication de ses clones parmi ses admirateurs, on parlera parfois d'un uniforme. À ce sujet, elle écrira: «La recherche de l'uniforme est celle d'une conformité entre la forme et le fond.»

Elle suit la politique de près et accordera une attention toute particulière à la situation en Pologne pendant le soulèvement des syndicats. Jamais elle n'hésitera à se prononcer sur les sujets d'actualités qui la touchent. Interrogée au sujet de François Mitterrand, elle dira: «J'aime chez Mitterrand son dégoût du pouvoir, son doute.» Elle aimait entre autres choses les voitures et la vitesse. Plus d'une fois, elle fut arrêtée sur les routes qu'elle semblait prendre pour des pistes de course. La simplicité fut toujours la grande absente dans ses rapports amoureux. Belle, elle l'a été. Elle le dira elle-même sans complexe. Sur les hommes, elle dira et répétera: «Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter.» Elle reçoit beaucoup d'intellectuels dans son appartement. On y parle abondamment de philosophie, de littérature et de politique. Tard dans sa vie, elle se dira fière d'avoir été deux fois expulsée du Parti communiste. Son oeuvre étalée sur plus de trente ans d'écriture saura choquer, émouvoir et troubler. Les critiques lui réserveront tour à tour les louanges les plus flatteuses et les critiques les plus acerbes.

Elle aura plusieurs amants, dont un qui lui apportera la gloire et la richesse.

Qui était-ce?


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com
  Publicité - Un produit ou un service ?