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Le Québec, société française en Amérique du Nord ?
Dans la foulée de la Fête nationale du Québec, ne serait-il pas opportun de nous poser la question que voici : « Quelles que soient leurs origines, leur culture originale, leur situation sociale, leurs opinions et options politiques, etc., bref leurs différences, les Québécoises et les Québécois souhaitent-ils établir solidement une société de langue et de culture françaises en Amérique-du-Nord ? » (À noter qu'ici, « français » ne réfère pas à citoyenneté.)
La fête de la Saint-Jean-Baptiste, qui évoque l'histoire et le patrimoine des premiers Européens à s'installer ici, est devenue aujourd'hui la « Fête nationale des Québécois » et regroupe tous les citoyens et toutes les citoyennes de ce territoire, sans exception ni exclusion.
Oublions un moment que nous sommes riches, pauvres ou entre les deux, que nous sommes fédéralistes, tenant à l'adhésion au Canada, ou indépendantistes (séparatistes, disent certains), souhaitant la création d'un État entièrement autonome et membre à part entière des Nations-Unies. Demandons-nous simplement ce que nous voulons comme société à compter d'aujourd'hui dans ce vaste territoire qu'on appelle, depuis la « confédération » canadienne, le Québec.
Répondons simplement par « Oui » ou « Non », même si d'aucuns souhaitent y ajouter un « mais » ?
Si l'on répond « Non », alors pourquoi continuer de rêver et de nous entredéchirer ? Pourrait-on songer à certains... accommodements ? Arrêtons de gaspiller nos énergies. Let's join the party... and make money. Arrêtons de chialer.
Si l'on répond « Oui », alors, dans un deuxième temps, demandons-nous comment y arriver. Compte tenu de ce que nous sommes, de nos richesses spirituelles, culturelles et matérielles et de ce que nous souhaitons, avons-nous plus de chances de nous épanouir et de rayonner dans la fédération canadienne ou dans le concert des Nations ? C'est la réflexion que nous devrons faire rationnellement et en toute objectivité dans un deuxième temps, quitte à suspendre le débat en cours pour nous concentrer sur l'essence même du sujet.
Je ne suis qu'un simple citoyen qui reconnaît les limites de ses connaissances, mais qui pense que le moment est venu de nous poser la question en toute honnêteté. J'ose intuitivement. Qu'en pensent nos penseurs et les autres gens ordinaires comme moi ?
Quant aux politiciens, je les invite à se taire, à observer, regarder et écouter pour le moment. Ne mêlons pas la politique à une question fondamentale; elle suivra dans le cadre de la stratégie à mettre au point après mûre réflexion. Je laisse à plus compétents que moi le soin de formuler la question.
Claude Gendron
Rosemère
