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Le Woodstock d'un théisme rock'n'roll !

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Gerry Pagé
Envoyé Le lundi 23 juin 2008 11:00



Ça ressemblait davantage à une fête et à des parades de dieux incompatibles, icônes d'un paganisme aux panachages émergents. Le congrès eucharistique 2008 a plutôt donné lieu à de grandes contradictions ainsi qu'à des interrogations sans réponse. La toute première contradiction qui n'a échappé à aucun observateur est venue du fait de voir autant de riches, autant de bien nantis, autant de princes pourprés, autant de gouvernants ministres et panachés royalistes, représentant les pouvoirs de l'argent et de l'impérialisme mondialisateur, venir à Québec, y vivre en pachas pendant une semaine, tout en prenant bien soin de dire AUX AUTRES qu'il leur fallait, EUX, partager leurs richesses avec les pauvres dont ils parlent constamment, mis qu'ils n'en veulent rien connaître ni savoir. C'est tristement loufoque et désespérément risible.

Par ailleurs, la toute première interrogation venait de tous ceux et de toutes celles qui questionnaient l'intrigante absence très remarquée du senior de la catholicité romaine, au Québec, celui que snobe si pompeusement l'empourpré et empesé polyglotte de la Curie romaine ayant trône au palace basilical de Québec. L'absence du très respecté et hautement estimé Cardinal Claude Turcotte, ce crédible consacré dont l'humanisme, l'ouverture d'esprit et l'ouverture de coeur contrastent tellement avec le cléricalisme rigide ainsi que, les étroitesses et les fermetures de celui qui bénit de la main droite, mais qui swing l'excommunication et les autres ex cathedra de ses humeurs théologiennes, de la main gauche.

Les Québécois auront appris, de visu, que dans les terreaux de la pauvreté universellement tiers-mondiste de l'Amérique latine, du Mexique et de certains pays d'Asie, entre autres, les vocations religieuses sont florissantes, comme aux débuts du vingtième siècle, au Québec. Depuis cette époque mémorable du siècle dernier, on a jamais vu à Québec autant de jeunes hommes portant col romain et de jeunes femmes portant coiffes et robes élégantes témoignant de leur identification et de la fierté de leur choix de vie et appartenances religieuses. Aux premiers coups d'oeil d'un second regard, il semblait y avoir aussi nombre de défroqués qui y sont venus pour renouveler leurs demandes du pardon que n'osera leur refuser le Dieu de tous les pardons et de toutes les miséricordes! Pas très loin dans le tableau, sur les Plaines comme à la Place d'Youville ou ailleurs, en cette ville des libertés, nombre de gais et lesbiennes témoignant publiquement leurs «amours défendues», étaient probablement venus implorer Celui qui avait tout pardonné à Marie-Madeleine et à Jean, de les libérer des chaînes du séquestre du Pontife du Vatican, cette Douma de tous les terrorismes spirituels sans frontières. Après tout, les curés et religieux pédophiles n'ont-ils pas tous reçu et bien accueilli les absolutions de leurs solidaires confrères confesseurs ?

Ça n'a surpris personne de constater que ce dimanche 22 juin ait pu donner lieu, tout d'abord, à une démonstration très claire de l'incompétence des autorités de Labeaumeville et de celles du RTC, spécialisé dans les petites voiturettes à batteries, tous parfaitement incapables de planifier autre chose que des rassemblements qui attirent moins de 5 000 personnes. En reprise et continuité, ça complétait le triste et gênant portrait du 31 décembre 2007, à la Place d'Youville. De plus, ce même jour du Seigneur a permis AU SOUVERAIN PONTIFE, SA SAINTETÉ BENOÎT XVI, (confortablement installé sur le Trône présidentielle de la Banque qui recèle, dans ses coffres secrets, les plus grandes richesses du patrimoine mondial de récoltes qui durent depuis plus de 2008 ans, récoltes qu'ont permises les croisades légionnaires, les guerres saintes ainsi que toutes les inquisitions religionnaires tout aussi hautement historiques que sauvages), DE S'ADRESSER ET DE PONTIFIER, devant tous ces touristes eucharistiques du 400e de Québec qui ont envahi les hôtels, les restaurant et les boutiques les plus chics et BCG de la Capitale, DE S'ADRESER, dis-je, à tous les «AUTRES PACHAS» de ce Monde, TOUS LES PACHAS AUTRES QUE LUI-MÊME, SES PRINCES ET LES LEURS, les enjoignant d'avoir la condescendance de partager les miettes de leurs tables avec les pauvres, les démunis, les mendiants, les jetés à la rue, les laissés pour compte, les itinérants de la misère et les loques humaines, ces héritiers de la plus insolente des indifférences publiquement professées, mais privément confessées et secrètement pardonnées. Partager des miettes déductibles d'impôts, avec cette cohorte de la miséreuse déchéance humaine, qui fourmille à ciel ouvert et qui constitue la caution morale d'un tel prêchi-prêcha si gazeux et dont les carbures si polluants font en sorte que la chrétienté authentique n'en décolère plus et que les éléments les plus prometteurs de la relève spirituelle et religieuse, la jeunesse authentique du Québec, s'en détournent en permanence, exception faite aux moments venus de se taper un beau petit voyage, loin de la présence parentale.

Quant on voit de ses yeux vu, dans un très chic restaurant de la Cité de Champlain, un empourpré de l'église des pompes romaines et ses 18 prêtres et religieuses invités, portant tous les costumes de leur identification et de leurs dénominations respectives, commander, "en espagnol", une succession les meilleurs plats et un enlignement des meilleurs vins, on a un peu de misère à comprendre et surtout à vivre le prêchi-prêcha au centre duquel se retrouvaient, quelques heures auparavant, les pauvres de ce bas Monde, ce «beau prétexte» des aumônes, des dons, des capitations, des dîmes, des ristournes et autres pots de vin qui servent à défrayer les envolées eucharistiques, qui servent à défrayer de telles bombances, qui servent à payer les autos luxueuses du haut clergé et des abbesses ayant placé la «pauvreté» au centre des «voeux» de leur consécration religieuse, mais loin derrière les paravents de leurs pratiques libérales...

Pour mieux comprendre l'hommerie qui colle aux Hommes de la terre et qui gêne ce qui, en principe, distingue l'homme de l'animal si savant soit-il, il suffirait de savoir ce qui est advenu des fils et des filles à papa, cette progéniture des richards et des pachas, qui se sont payé les plaisirs et les luxes du grand rendez-vous des JMJ de Cologne et que rien au Monde n'aurait empêché l'allemand Josef Ratzinger, numéroté XVI, de s'y précipiter; que rien au Monde n'aurait bousculé ses empressements de s'y trouver pour y allumer tous les feux et artifices de son autorité papale, nouvellement acquise ? Depuis cette XXe foire des JMJ, au Woodstock de Cologne, en 2005, qu'est-ce que ce million de jeunes bougies ont fait de concret et qu'ont-ils apporté de constructif, en regard du renouveau dynamique de la foi chrétienne, en regard du soulagement de la misère humaine, au seul regard de la continuation de l'oeuvre du Christ, la raison centrale et le «beau prétexte» de leur mémorable happening en Allemagne ?

Très très loin de la foi profonde et de la plus sincère des dévotions qui justifiaient la procession de la FÊTE-DIEU de mon jeune temps, j'ai vu et cru observer des parades bariolées de noir, de blanc et de pourpre, des déploiements ponctués de carnavalesques banderoles, pancartes et méga marionnettes costumées représentant des symboles du passé des fondateurs du Québec catholique, des rassemblements hétéroclites de toutes confessions et orientations, des discours d'occasion truffés d'enguirlandages et tenus par les nouveaux dieux ou théistes des estrades d'un royaumes explosé, discours et sentences creuses que la vérité franche et la réalité cruelle font mentir.

Même si, sous la douche d'une pluie froide, le jour de la clôture, le premier des commandements de Dieu en a pris pour son rhume, les racines de la Foi, à mon humble avis, sont encore très profondes et trouveront les sources de leur vivacité, définitivement ailleurs que dans ces tombolas et bacchanales de ce genre dont les bombances et leurs coûts sont scandaleux, FACE À LA PAUVRETÉ. En raison de la montée désespérante de l'exhibitionnisme ecclésiastique et des pavoisements artificieux d'une catholicité hors de son Axe, le Christ, et en complète déroute, au Québec, il faut continuer à faire appel à tous les efforts d'intériorisation et à vivre concrètement l'amour de son prochain, comme le pratique et le vit quotidiennement «l'apôtre» de l'amour inconditionnel des pauvres, Gilles Keagle, cette vivante illustration masculine, à Québec, de Mère Theresa, la sainte femme de Calcutta, ce grand bidonville de la misère indienne qui indiffère encore et toujours la Présidente Pratibha Patil et le Premier ministre Manmohan Singh, comme c'est le cas au Québec et partout ailleurs.

Gerry Pagé
Ville de Québec

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