Vos réactions

La poursuite du dénigrement. Aujourd'hui, on vise votre émotion.

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Envoyé Le jeudi 19 juin 2008 09:00



Le technique de destruction du gouvernement trop progressiste se poursuit.

La suite logique du dénigrement consiste à mettre en lumière la terrible pauvreté.

On «découvre» et on dénonce cette pauvreté extrême.
Tout comme au Nicaragua, le jour même de la reprise de pouvoir de Ortega, on a redécouvert la pauvreté de ce pays.
Pendant les 16 années de régimes néolibéraux amis des US, de Violetta Chamoro, d'Arnoldo Alemán et d'Enrique Bolaños, le Nicaragua qui avait réussi à réduire la pauvreté, améliorer les soins de santé et de pratiquement éliminer le taux d'analphabètes durant la période sandiniste (79-90)et ce, malgré la guerre financée par les US (Irangate), a glissé au deuxième rang (après Haïti) des pays les plus pauvres d'Amérique.

Pendant 16 ans, pas un mot sur la pauvreté extrême au Nicaragua.
Tout comme en Argentine, avant les gouvernements progressistes, on ne parlait pas de pauvreté.
Aujourd'hui, on parle de pauvreté. On en parle comme si celle-ci allait en croissant, ce qui est totalement faux. La pauvreté argentine a diminué. Par contre, bien évidemment, le gouvernement progressiste, péroniste, socialiste, n'est pas un gouvernement magicien, qui, en un claquement de doigts, peut faire disparaître des décennies d'injustices, d'inégalités et d'exclusions.

Il est malhonnête de voir la situation de façon ponctuelle et de nier l'Histoire et la réalité d'hier.

Étrangement, on ne dit mot sur "les indices de pauvreté à faire mourir de honte" les gouvernements colombien ou péruvien!
Paradoxalement, on vous parle de pauvreté là où justement on lutte pour la vaincre.

Justement, la "crise" actuelle en question découle directement de cette lutte pour vaincre la pauvreté, cette lutte pour que le peuple argentin vive de façon plus équitable.

La taxation accrue des exportations a, entre autres, pour but une meilleure distribution de la richesse.

Redestribuir el ingreso
visionnez le discours de Mme Fernandez, hier, sur la Place de Mai, lieu historique de contestation contre les dictatures.
Sans comprendre l'espagnol, vous verrez tout de même l'appui de la population à la Présidente.
http://www.telesurtv.net/noticias/secciones/nota/player.php?ckl=29185

http://www.telesurtv.net/noticias/secciones/nota/
index.php?ckl=29185-NN#


On nous parle des conditions de vie du petit village de El Espinillo.
On nous dit que les familles vivent aux crochets de la banque alimentaire, instaurée par le gouvernement l'an dernier.
Il aurait été bon que l'on nous dise comment vivaient ces familles avant l'instauration de la banque alimentaire du gouvernement.

Tout comme la pauvreté, l'exploitation de l'Amérique latine ne date pas d'hier.
L'exclusion, connaissez-vous l'exclusion?
C'est un état de fait dans tous les pays de l'Amérique latine. Des citoyens qui n'en sont pas. Des milliers d'exclus, qui n'ont aucun droit, aucun papier, aucun droit de vote. Des citoyens reniés par leur pays. Tous ces indigenos, ces criollos et la plupart des extrêmement pauvres.
Un des premiers gestes du gouvernement de Chávez au Venezuela, fut d'enregistrer la population. Tous ont maintenant leur "cedula" (carte d'identité) leur permettant d'obtenir des services du gouvernement, des soins médicaux et surtout, d'aller voter.
J'ai rencontré plusieurs de ces ex-exclus lors de mon séjour au Venezuela. La fierté de ces gens d'être devenus de "vrais" citoyens était saisissante. Ils me montraient avec émotion leur "cedula".

L'Argentine a aussi reconnu ces exclus. Une des premières tâches de Fernando Lugo du Paraguay, sera d'éliminer l'exclusion.

En voulant dénigrer le gouvernement de Mme Fernandez, on note ses actions pour corriger des situations d'exploitations installées depuis des lustres.
Il n'y avait jamais eu de banque alimentaire dans ces régions exploitées.
Aujourd'hui, au moins, il y en a.
Il ne faut pas essayer de nous endormir au point que l'on se mette à pleurer sur ce geste "ignoble" (sic sic sic) du gouvernement progressiste, socialiste, péroniste, Fernandez.

L'histoire attendrissante de Gabriela, qui peine à joindre les deux bouts, est une autre technique classique. On joue sur l'émotion du lecteur pour parvenir à bien imprégner dans son cerveau la condamnation du mauvais (sic) gouvernement qui ne fait rien (sic).
Une technique efficace, fréquemment employée.

Pour bien saisir la technique, il faut écouter le reportage de Yanick Dumont Baron sur le premier anniversaire du retour de Daniel Ortega au Nicaragua.
Reportage de l'émission Dimanche Magazine du 13 janvier 2008 à la Radio de Radio Canada.
http://www.radio-canada.ca/audio-video/
pop.shtml#urlMedia%3D/Medianet/2008/
CBF/DimancheMagazine200801131108_1.asx

Ce reportage audio, de dénigrement du gouvernement sandiniste nicaraguayen, suit exactement la même structure que le reportage actuel.
On met délibérément de côté l'Histoire du pays, on se concentre sur les difficultés actuelles et on jette le blâme sur le gouvernement. Comme si celui-ci, en une année, en un claquement de doigts, comme un magicien, aurait pu corriger des décennies d'injustices.

On fait aussi appel à l'émotion de l'auditeur en présentant la misère personnalisée dans le but de bien condamner le gouvernement.

Vous n'avez jamais entendu parler de pauvreté au Paraguay. Depuis des siècles, ce pays de misère est exploité et la population vit dans des conditions honteuses.
Maintenant qu'un gouvernement socialiste est élu, attendez-vous à ce que l'on vous révèle les terribles conditions de vie des Paraguayens et Paraguayennes. Fernando Lugo sera un autre président qui aura promis et ne fera pas assez.

Vous n'entendrez pas parler de pauvreté à vous en faire pleurer et condamner le gouvernement d'Alvaró Uribe de Colombie, ni celui de Alan Garcia du Pérou, ni celui de Antonio (Tony) Saca du El Salvador. Non, dans ces pays où l'injustice et l'exploitation honteuse existent, on ne nous parle pas de pauvreté.

«À sa première visite, la nouvelle ministre du Développement social de la province est venue y entendre les requêtes de la communauté »

J'aimerais savoir à quand remontait la précédente visite d'un ou d'une ministre venue écouter les requêtes de la population d'El Espinillo.
C'était probablement la première fois. Bien sûr, on le constate une fois de plus, le gouvernement et les ministres ne sont pas des magiciens. Corriger les injustices qui perdurent depuis des siècles (sans exagération) ne se fait pas en six mois de présidence.

De plus, lorsqu'on essai de corriger les énormes iniquités qui existent entre les riches et les pauvres, on se butte à la puissance de l'oligarchie, des multinationales et au pouvoir de l'impérialisme pour qui ces pays étaient "LEURS" ressources naturelles et "LEURS" esclaves.

Finalement, le reportage d'aujourd'hui est une longue pleurnicherie qui se garde bien d'expliquer l'origine de ces malheurs et de ces conditions de vie.
On veut, en touchant notre émotion et en limitant l'information à un regard photographique, nous faire condamner le gouvernement actuel qui lutte justement pour corriger ces injustices.

Soyez bien conscient de votre état émotif et des conclusions qui vous seront inculquées.
Prenez le temps de vérifier l'Histoire et les données relatives aux gestes posés par les gouvernements Kirchner et Fernandez. Observez bien aussi l'appui que reçoit Mme Fernandez. Vous vous questionnerez alors sur la validité des fameux sondages que l'on vous présente.

Écoutez M. Dumont Baron, son reportage suit le même patron et vous pousse aux mêmes conclusions.
Nous assistons ici, à ce que l'on peut appeler "le terrorisme médiatique" qui consiste à manipuler l'opinion publique dans le but de renverser les gouvernements qui entravent le contrôle et les profits de ceux qui ont exploité depuis toujours ces pays de richesses où vivent tant de pauvres.

Serge Charbonneau
Québec

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com