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Une vision, pour le moins... étrange!

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Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Envoyé Le mercredi 18 juin 2008 08:00



Nous avons ici, un texte emboîtant le bas, à ce que l'on peut appeler, le terrorisme médiatique.

«L'Argentine en crise»

Une crise fabriquée.

Vous souvenez-vous de la crise terrible qui a aussi pris la population en otage au Venezuela en 2002?
Vous souvenez-vous de la crise des camionneurs qui avait mis à mal le gouvernement de Salvador Allende en 1972-73?

Partout où l'ON veut faire tomber un gouvernement, ON provoque des crises, des grèves qui paralysent le pays et prennent en otage la population pour que celle-ci rejette le gouvernement.
Cette technique devrait être enseignée dans les cours de journalisme. C'est une méthode efficace et très utilisée.
On pourrait alors s'attarder sur les causes profondes de cette grève, sur les enjeux à long terme, sur le "ON" qui les provoque.
Partout où l'ON veut faire tomber un gouvernement, ON provoque des crises.


Cristina Fernandez que l'on appelle ici, Kirchner, le nom de son mari que l'on aime pas parce que trop ami avec le gros Chávez qui aime trop le démon de Fidel et le communisme de Cuba.

Un des éléments de base au terrorisme médiatique, est de bien diaboliser le ou la présidente à détruire. On l'attaque comme on peut.
Mme Fernandez, n'avait pas encore été élue qu'on la traitait de trop "pitoune" (j'utilise le terme "pitoune" en référence au texte de Lise Payette: "Le pouvoir de la pitoune"
http://www.ledevoir.com/2008/06/13/193747.html )

On parlait aussi du clan Kirchner, de la monarchie Kirchner. On disait que le méchant Nestor, l'ami du gros verrat de Chávez, ne cédait qu'en apparence le pouvoir. Il faisait élire sa femme "pitoune" tout en continuant de guider le pays vers le chaos du socialisme, ce modèle politique qui met en premier le bien-être de la majorité.

«Surnommée la «reine Cristina», l'élégante présidente... »
Voilà, subtilement, le jeu de l'altération de l'image.

Je recommande à tous de visionner le discours de Cristina Fernandez dont parle Mme Gervais. Un des meilleurs discours politiques des dernières années.
http://www.telesurtv.net/noticias/secciones/nota/player.php?ckl=25971

Elle attaque en soulignant la difficulté d'être une femme politique (réf. au texte de Lise Payette "Le pouvoir de la Pitoune") et ensuite élabore sur sa vision du pouvoir et l'être humain. Pour elle le pouvoir comme un être humain se conforme à quatre thèmes de base. 1- La rationalité, 2- La sincérité 3- La sensibilité, 4- La responsabilité.
Même sans connaître l'espagnol, vous pourrez juger si son discours est comme l'affirme Mme Gervais: «discours que plusieurs ont jugés intransigeants et autoritaires»

Bien entendu un discours de Présidente digne et ayant l'appui de la population se doit d'être volontaire. Un ou une présidente doit savoir où elle va et le dire clairement sans faiblesse. Elle laissera la population la juger par la suite.


Une crise fabriquée

Le terrorisme médiatique vous inculque que tout va mal en Argentine.
«le pays est désormais en proie à la plus grande crise politique depuis l'effondrement financier en 2001-02.»

Que le "règne" de la reine achève.
« on chuchote déjà que le règne de Cristina Fernández Kirchner achève»

Que ça n'a jamais été aussi mal.
«Plus grande crise que depuis l'effondrement financier de 2001-02.»

De dire une telle chose est faire un affront à l'Histoire et à la souffrance du peuple argentin.
Il faut vite ressortir les journaux de l'époque pour constater que la crise (sic) actuelle n'arrive pas à la cheville de celle de 2001-02.

Peu importe tout ce que je peux dire, mon élément le plus fort pour appuyer mon argumentation, est la simple réalité.

Le peuple argentin, à l'instar de tous les peuples latinos américains, a pris sa politique en main. Le peuple va supporter Mme Fernandez, tout comme le peuple a supporté Hugo Chávez, tout comme le peuple supporte Evo Morales.


Le terrorisme médiatique nous inculque une fausse réalité:

«La fin d'un règne?» C'est ce que l'ON souhaite!
Malheureusement, ce ne sera pas le cas. Laissons la réalité rétablir les faits.

«Les Argentins commencent de plus en plus à douter que le gouvernement péroniste.»
Ici encore, on nous impose une fausse réalité, en nous sortant un "sondage".
LE sondage qui révèle ce que l'ON veut bien.
Le sondage est un autre élément très utilisé en terrorisme médiatique.

«Selon un récent sondage... la cote de popularité de Cristina Kirchner a chuté à 26 %... »

À noter qu'ici, on parle de Cristina Kirchner, si vous lisez la presse plus objective, on l'appelle par son nom Fernandez et non pas par le nom de son mari Kirchner.

Un autre élément de la fabrication de l'information voulant diriger l'opinion publique, est le recours aux illustres inconnus "experts" reconnu.
Comme ce Alejandro Catterberg qui nous "révèle" : « ce gouvernement ne sait pas comment résoudre les problèmes du pays», a analysé Alejandro Catterberg, directeur de la firme de sondage »

Je mettrais ma main au feu que cet Alejandro n'a pas voté pour Fernandez ni pour Kirchner.
Et je me risquerais à dire qu'il n'a pas trop souffert de la crise financière de 2001-02.

Une sorte de Teodoro Petkoff (l'expert vénézuélien, ancien guerillero (bon sur un CV) contre Chávez) argentin. Bien mis, sérieux, bien cravaté et au service de l'oligarchie et de l'impérialisme.


Impérialisme.
Juste à mentionner ce mot et me voilà classé comme un anti US primaire.

Encore une fois, il faut laisser parler l'Histoire latino américaine et les faits, pour ma défense. Penchez-vous sérieusement sur l'Histoire de l'Amérique latine et vous aussi vous n'hésiterez pas à parler d'impérialisme.


Un autre élément du terrorisme médiatique, est l'emploi d'un sympathique martyr de service.
Ici, nous avons Alfredo De Angeli
«Alfredo De Angeli est le héros du «campo, Leader emblématique »
«Connu de tous, l'homme à la bouille sympathique »

Cette bonne bouille a même été arrêter par la police répressive de cette dictature en puissance. Et hop! Vous voyez bien que la Cristina ne recule devant rien.


Puis c'est la conclusion, celle que l'ON espère.

«Tandis que la présidente paie le prix du bilan mitigé de son mari et prédécesseur, il se pourrait bien que l'âge d'or des Kirchner -- qu'on soupçonnait de vouloir garder le pouvoir, en alternance, jusqu'en 2019 -- soit effectivement déjà terminé. »


Malheureusement, les temps ont changé. Le peuple argentin s'est pris en main. La démocratie en Argentine comme partout en Amérique latine, exception faite de la Colombie, contrôlée par la violence, les assassinats et le narcotrafic (voir la parapolitique colombienne), est enfin réelle. L'oligarchie, les multinationales, la CIA et l'armée US ont perdu leur contrôle.
Ils ne baissent toutefois pas les bras. Leurs armes sont les médias avec ses campagnes de salissage, de désinformation et de manipulation de l'opinion publique, ainsi que l'arme économique sous toutes ses formes, du commerce aux grèves paralysantes.


Vous avez l'impression que je vous dis des conneries!
Je ne le crois pas. Bien sûr, mes lunettes déformant la réalité (on en a tous) peuvent me jouer des tours et me faire complètement errer.
Seule la réalité confirmera mes dires.

Est-ce la fin du règne de la reine, comme ON le souhaite?
C'est ce que nous verrons.

http://www.ledevoir.com/2008/04/02/183208.html


Serge Charbonneau
Québec


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