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Bel exemple d'interculturel

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Jean-Pierre Audet (jean.pierre.audet@videotron.ca)
Envoyé Le mardi 17 juin 2008 15:00



Avant même d'avoir lu cet article de Caroline Montpetit sur Tahar Ben Jelloun, je réagissais aux propos de Bernard Landry qui s'offusque que le rapport Bouchard-Taylor parle d'interculturel plutôt que de convergence culturelle. J'estime que M. Landry démontrait ainsi son manque flagrant d'ouverture à la différence, au point d'imaginer que l'interculturel va mener au multiculturalisme prôné par Trudeau et appliqué dans le ROC.

Oui à l'interculturel, oui à l'accueil des voix différentes en même temps que respectueuses de nos propres façons de vivre et de voir le monde. Comme par hasard, je mangeais ce midi dans un restaurant à cuisine marocaine qui vient d'ouvrir dans mon voisinage, sur Henri-Bourassa, juste à l'est du pont Papineau-Leblanc. Et, seconde coïncidence très significative, je venais de lire toute la sourate 4 du Coran, sourate qui a pour titre : « Les femmes». Comme j'en échangeais avec le jeune serveur en lui disant que les mots «battez-les» étaient bien là, en 6, 34, celui-ci m'expliqua que Mahomet ne voulait aucunement parler de violence physique et qu'il n'avait jamais prôné la moindre vengeance, la laissant entre les mains d'Allah. La justice immanente, quoi ! J'avoue connaître maintenant suffisamment le Coran pour penser que tout le mal vient des ajouts subséquents et des traditions culturelles de certains hommes très radicaux, même au Maroc. Mais ces gens préfèrent parfois s'exiler vers le Moyen-Orient, plutôt que de demeurer dans un pays trop ouvert à la différence, du moins à leur goût.

Autre coïncidence, je regardais la page titre du Journal de Montréal. Et qu'y voyais-je ? La dernière taverne irréductible qui réussit encore, après tant d'années, à refuser de servir une bière aux femmes, même accompagnées de leur conjoint. Et là je me disais : pourquoi n'en auraient-ils pas le droit, puisqu'ils expliquent poliment aux femmes qui s'essaient : « Allez juste en face, ils vous serviront avec plaisir ; ici nous désirons demeurer, et ce depuis cent ans maintenant, entre hommes. N'en avons-nous pas le droit?» Et je suis tenté, quoique plutôt féministe, de leur dire oui. De quoi, grands dieux, ces hommes lèsent-ils les femmes qui peuvent trouver la même chose de l'autre côté de la rue ? Il me semble que la chasse aux «sorciers», ça devrait être du passé. Ces hommes ne font rien de mal et je suis fort tenté d'aller les encourager à ne pas lâcher. Vivre et laisser vivre, telle devrait être la devise de tous. L'humanité s'en porterait mieux.

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