L'Islande, véritable geyser musical
Mots clés : créativité, Björk, Culture, Musique, Islande (pays)

Photo: Agence Reuters
De nombreux autres groupes se sont révélés dans son sillage et ont acquis une reconnaissance internationale à des degrés divers, comme Sigur Rós, Bang Gang (qui sortiront tous deux leur nouvel album le 23 juin), Mùm, Mugison, GusGus ou Emiliana Torrini.
Les points communs entre la plupart de ces formations sont leur intégrité artistique et leur créativité débordante, affranchie de toute contrainte. Le résultat? Un son à part, une musique novatrice et audacieuse, à l'image des excentricités de Björk ou des hymnes planants de Sigur Rós.
Cette liberté de création s'explique en partie par la petitesse du marché local.
«Ici, un groupe de pop ou de rock indépendant vend 200 albums s'il est peu connu et 2000 s'il a beaucoup de succès», explique à l'AFP le talentueux Bardi Johannsson, leader de Bang Gang et moitié du duo Lady and Bird avec la Française Keren Ann. «On fait donc ce qu'on veut du point de vue artistique, sans copier quoi que ce soit ni formater la musique pour la vendre», assure-t-il.
Autre explication, la localisation de l'Islande, île volcanique située dans l'Atlantique Nord, entre l'Europe et l'Amérique.
«On est à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de l'Europe, dans un no man's land. La curiosité de nos musiciens est en partie liée à cette situation géographique étrange», estime Larus Johannesson, fondateur du label 12 Tonar, qui organisera en septembre un petit festival islandais à Paris.
Ce label compte près de quarante groupes ou artistes dans son catalogue, dont l'excellent Apparat Organ Quartet (quatre organistes plus un batteur pour une musique qui évoque du Kraftwerk survitaminé). 12 Tonar vend ses disques dans une boutique à son nom au centre de Reykjavik.
La capitale la plus septentrionale du monde rassemble à elle seule près de la moitié de la population du pays. Cette promiscuité facilite les échanges et l'émulation entre les groupes: ils ont souvent des membres en commun et se voient fréquemment, d'autant que la plupart des lieux de sortie sont concentrés dans la rue principale de Reykjavik.
Les paysages magnifiques de l'île, ses volcans et ses fjords, influencent sans doute sa musique. Mais les artistes locaux n'accréditent pas totalement cette idée.
«J'aime les vues panoramiques et après des voyages dans la campagne, c'est vrai qu'on a toutes ces images en tête. Mais bon, on ne grimpe pas sur les montagnes en se disant: "Je suis tellement inspiré que je vais composer de la musique!"», sourit Bardi Johannsson, qui reconnaît toutefois que son pays «est un super endroit pour créer, car il y a peu d'agressivité».
En Islande, la pratique de la musique est courante dès l'enfance.
«Il faut passer l'hiver ici pour comprendre pourquoi! On doit s'occuper, sinon on devient fou», s'amuse Larus Johannesson en soulignant qu'en hiver, les nuits islandaises sont très longues, à l'inverse de l'été.

