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@Jacque Morissette Charest ou l'art de gouverner dans les fleurs du tapis

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Pierre-Yves Pau
Envoyé Le dimanche 15 juin 2008 18:00



Il est vrai que le taux de prélèvement moyen est comparable au Québec et dans les pays scandinaves, à une (grosse) différence près: l'impôt sur le revenu des entreprises et des particuliers y est deux fois moins élevé qu'au Québec. Les tarifs publics et taxes à la consommation, environ le double.

Les conséquences? Et bien regardez la Norvège par exemple: une économie productive et attractive pour l'investissement; des entreprises qui déclarent des profits (ce qui n'est pas le cas de la moitié de entreprises québécoises; une assiette fiscale solide; des ressources nationales rentabilisées au maximum (contrairement à l'hydro-électricité québécoise);des services bien financés; et une marge de manoeuvre en cas de pépin conjoncturel. Bref, tout ce que le Québec n'a pas.

André Pratte de La Presse prenait cette fin de semaine la défense du gouvernement Charest dans un éditorial intitulé 'Ce n'est pas rien'. Il y rappellait les 'grandes' réalisation des Libéraux:

- Avoir lancé un plan de lutte contre les changements climatiques; (un cataplasme sur une jambe de bois)
- Avoir lancé une campagne de lutte contre la malbouffe à l'école; (ça ne mange pas de pain)
- Avoir dégelé les droits de scolarité universitaires; (wow... gelés depuis 1994; ils ont inventé l'eau chaude aussi?)
- Avoir rendu plus sévère le Code de la sécurité routière; (les routes du Québec étant les plus dangereuses du pays, ça prend pas la tête à Papineau et ça rapporte des contraventions)
- Avoir augmenté la superficie des aires protégées; (et fait du chagrin à quelques tinamis pour calmer la vindictes populaire)
- Avoir amorcé d'importantes négociations commerciales avec le gouvernement de l'Ontario; (qui produiront peut-être un résultat... en 2040)
- Avoir obtenu des appuis substantiels en faveur du projet fétiche de M. Charest, l'ouverture d'un nouvel espace économique Canada-Europe; (ils visent trop bas: à leur place, j'aurais obtenu des appuis pour un projet d'espace commercial sur la lune, tant qu'à péter plus haut que le trou)
- Avoir annoncé un plan de 30 milliards pour la réfection des infrastructures; (as t'on le choix quand les viaducs vous tombent sur la cafetière? Un plan qui viendra accélérer les déficits de l'État d'ailleurs)
- Avoir déposé un projet de loi sur la protection de l'eau; (c'est ça: nationalisons l'eau, ça tiendra les citoyens occupés)
- Avoir augmenté les seuils d'immigration et annoncé des efforts accrus pour l'intégration des nouveaux arrivants; (des nouveaux arrivants qui n'ont à peu près aucune chance de décrocher une job dans un marché du travail en voie d'argentinisation)
- Avoir signé des ententes sur le redressement de la rémunération des médecins; (nuançons: avoir cédé au chantage des spécialistes)
- Avoir conclu un accord historique avec la Ville de Montréal qui lui confie de nouveaux pouvoirs fiscaux. (Bref, fait reprendre par la fiscalité municipale ce qu'il avait lâché sur la fiscalité provinciale)

Bref, Charest s'est démené dans tout un tas de dossiers complètement futiles, ou secondaires, ou d'enfonçage de portes ouvertes, ou qui n'ont aucune chance d'aboutir avant la St Glinglin.

Par contre, il s'est énergiquement abstenu de s'attaquer au dossier le plus important, celui qui conditionne la réussite de tous les autres: la réforme de la fiscalité provinciale.

Pas de quoi se taper le derrière par terre.

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