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«À Rome, on devient romain »
Car voilà le drame de la commission Bouchard-Taylor : comme Jean-Jacques Rousseau et Henry Thoreau, la base fondamentale de leur rapport ( induite et sûrement inconsciente chez Gérard Bouchard ) part du concept que l'individu naît bon mais que la société le pervertie ( selon J,J,Rousseau) ou l'asservit - selon H.Thoreau et P.E.Trudeau (voir Cité Libre 1963-1964 )
Comme il est impossible - sauf en des cas extrêmes - de vivre hors d'un ensemble de sociétés qui s'interpénètrent ( la famille, le travail, les institutions, la culture, la vie citoyenne etc..) partons du principe qu'une société ne vaut et ne progresse que par la valeur des individus qui la compose. Elle doit donc limiter ses exigences ( les devoirs ) pour faciliter l'épanouissement de l'individu au moyen de ses droits. D'où, accommodations, dérogations, choix alternatif (opting-out chez C,Taylor ) etc...
D'autant plus que toutes les formes de société - religieuses, tribales, associatives, festives et même administratives - ont tendance à dériver vers une exclusivité tyrannique - « Crois ou meurt » « Hors de...(remplir le blanc ) point de salut » « Love it or leave it ! » etc.. - oubliant les nécessités qui les ont crées pour ne se consacrer qu'à leur propre existences, si les individus qui la composent n'y prennent garde.
À partir de ce, la commission a examiné cliniquement ( c'est la raison d'être des auditions publiques, pour la commission ) le Québec, quitte à subir des «freak-shows » - pour amener des remèdes conformes aux concept plus haut.
Las pour nos distingués commissaires, « y a gourance » comme disait feu M.Audiard.
Tout le monde est d'accord, depuis peu !, que le Québec est une nation.
Or qu'est-ce qu'une nation ? C'est un ensemble de peuples et de sociétés - familiales, religieuses, etc...) dynamiques qui ont un destin commun soit par choix, soit par convergence ( l'immigration ). Pour ce faire, il faut établir un « modus vivendi » qui déterminent d'abord les devoirs et les libertés communes qui garantiront les droits mais aussi les devoirs de l'individu.
Exemples ; la laïcité est un devoir ( commun) qui garantie la liberté religieuse de chacun, en autant que celle-ci ne cherche à être une obligation ou une servitude aux dépens des libertés communes.
La langue parlée et utilisée dans les relations communes indispensables ( administratives, commerciales ou au travail ) doit être celle du plus grand nombre pour la bonne raison qu'elle sert de lien entre les différents éléments qui la composent. Ce qui implique, il va de soi, l'usage de la langue vernaculaire dans le privé.
Donc, les immigrés ouïgour qui s'installent ici doivent apprendre en priorité le français pour l'usage communautaire ( et d'autres langues pour s'enrichir ) mais ont le droit imprescriptible de parler ouïgour en famille, si le coeur leur en dit.
La composante et l'évolution de ces données fondamentales ayant besoin d'être mises à jour - les lois , les règlements sont toujours en retard par rapport à la légitimité - ce que l'on demandait à la commission Bouchard-Taylor, après examen de l'état des choses au Québec, de déterminer les causes et effets des malaises, puis une fois identifiés, de trouver les moyens ou les corrections qui faciliteront l'intégration des individus ou des micro-sociétés dans la nation.
Or la commission Bouchard-Taylor a fait exactement le contraire !
Hélas 68 ( le nôtre : les trois colombes, Cité Libre, Trudeau for ever etc ...) est bien mort. Pour un des commissaires, c'était l'enfance de la pensée ci-dessus exprimée. Je sais bien que l'enfance est un pays que l'on vit comme exil, surtout en vieillissant. De là vouloir le suggérer fortement à tous ceux qui ne l'ont pas connu ( la majorité )...
Consolation : sur le plan édition, le rapport Bouchard-Taylor est impeccable. Il va faire (sous peu!) bonne figure parmi les livres sacrés. Sacrés parce que nul n'y touche...
François Piazza
