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Pourquoi avons-nous eu la Commission Bouchard-Taylor?

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Roger Kemp
Envoyé Le samedi 14 juin 2008 11:00



Reportons-nous quelques mois avant les élections d'avril 2007. Ce qui faisait les manchettes à ce moment-là c'était la déclaration du code de vie par la municipalité d'Hérouxville. Rappelez-vous comment les médias montréalais ont traité la déclaration de MM. Drouin et Thompson pourtant si bien compris par les régions. L'analyse que faisaient les régions des accommodements raisonnables, c'était que pour éviter de devoir se plier à des demandes d'accommodements parfois déraisonnables comme on l'a fait sur l'île de Montréal, l'on préférait avertir les communautés immigrantes qu'ailleurs en province, il n'y aurait pas d'accommodements à la Montréalaise. C'est exactement cela qu'a détecté à l'époque les habiles penseurs de l'ADQ. Il n'en fallait pas plu pour s'allier une forte proportion de québécoises et québécoises qui voyaient dans les accommodements une menace à leur identité québécoise.
Suite à la sortie publique de Mario Dumont sur le sujet, Jean Charest n'avait d'autre choix que de commander une commission afin de faire baisser la pression de la grogne populaire. Le Québec n'était peut-être pas en crise mais à tout le moins en état de choc suffisant pour le laisser paraître dans les résultats électoraux qui ont suivi quelques semaines plus tard. La ghettoïsation de Montréal commence à faire peur aux régions. On veut bien recevoir des immigrants en région mais pas en les ghettoïsant mais plutôt en les intégrant aux us et coutumes du Québec. Cela n'empêchant en rien que nous voulons connaître leur culture. Montréal a échoué son intégration ethnique.
Le rapport de la Commission Bouchard et Taylor, est plutôt molasse car au-delà des constats, les recommandations comme celle concernant le crucifix à l'Assemblée Nationale, laissent parfois perplexes sur la justesse des constats. A mon sens le débat sur les accommodements est revenu à la case départ et rien dans le rapport ne permet de positionner nos élus vers un règlement sur les accommodements à moins de créer une Charte Québécoise des Droits et Libertés tel que demandé par les partis d'opposition. Force est d'admettre qu'on a voulu sauver la chèvre et le chou. Pour ma part la commission n'a pas écouté les régions, elle les a entendues. Jamais une commission n'aura suscité autant d'intérêt sur un sujet si criant, mais il semble bien que Montréal tente encore d'imposer sa volonté au détriment des régions.
Tout n'est qu'une question d'identité québécoise. C'est simple, non...
Roger Kemp, Trois-Rivières

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