Regard sur l'avenir du laser dernière génération
Mots clés : Institut national de recherche scientifique (INRS), lasik, laser dernière génération, Science, santé, Canada (Pays), Québec (province)

Photo: Mata Hari
Dans certaines pathologies, comme la dystrophie endothéliale traumatique survenant à la suite d'une chirurgie de la cataracte, la dystrophie endothéliale congénitale de Fuchs et certaines kératopathies, cette couche interne de la cornée est malade et ne parvient plus à retirer l'eau des couches supérieures de la cornée à l'aide de ses petites pompes. «La cornée se gonfle alors comme une éponge et s'opacifie», indique la Dre Brunette. Jusqu'à l'avènement du laser femtoseconde, le traitement indiqué pour ces pathologies consistait à retirer toute la cornée et à greffer celle d'un donneur.
«Or, avec le laser femtoseconde, on peut localiser la découpe à la profondeur voulue sans abîmer les couches de tissu superficielles», souligne Jean-Claude Kieffer, directeur du Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l'Institut national de recherche scientifique (INRS) à Varennes, où a été mis au point le laser le plus perfectionné du monde.
«De plus, les impulsions du laser femtoseconde sont si courtes qu'elles n'ont pas le temps de provoquer des dommages thermiques au pourtour de la découpe. Il n'y a donc pas de brûlures des tissus avoisinants», ajoute Isabelle Brunette.
À l'aide du laser femtoseconde, les chercheurs de l'INRS et de l'HMR ont ainsi réussi à découper la fameuse membrane endothéliale malade -- sise à 800 microns de profondeur -- et à la retirer par une toute petite ouverture pratiquée sur le côté de l'oeil d'un animal. «On répète ensuite la même intervention chez un donneur [un cadavre] et on insère la membrane saine chez le receveur», poursuit l'ophtalmologue.
Compte tenu de la grande pénurie de donneurs, l'attente pour une greffe se mesurant en années, les chercheurs de l'HMR se sont associés à l'équipe de Lucie Germain du Laboratoire d'organogénèse expérimentale (LOEX) de Québec afin de tenter de reconstituer par les techniques de culture de tissu une nouvelle membrane endothéliale à partir de quelques cellules de la couche cornéenne découpée et retirée de l'oeil du patient.
Les chercheurs ont récemment greffé avec succès chez l'animal un nouvel endothélium cornéen cultivé en laboratoire. «Nous avons pu montrer la réussite mécanique de la greffe pendant les sept premiers jours, soit avant que le phénomène de rejet ne se manifeste. Il nous reste maintenant à démontrer que la technique réussit à long terme», précise la Dre Brunette.
«Cette méthode permet de s'affranchir des banques de donneurs qui ne suffisent pas à la demande et elle évite aussi les problèmes de rejet qui peuvent survenir quand on greffe un tissu provenant d'un autre individu», résume Jean-Claude Kieffer.
Si cette nouvelle technique était approuvée par Santé Canada, elle pourrait suppléer à un grand nombre des 42 000 greffes de cornée qui sont pratiquées chaque année en Amérique du Nord. De plus, elle permettrait d'éliminer l'attente d'un donneur qui, lorsqu'elle se prolonge trop, peut rendre la pathologie irréversible.
Vos réactions
Aucun commentaire ... soyez le premier !

