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martin dubois
Envoyé Le vendredi 13 juin 2008 10:00



Mme Payette, vos articles à eux seuls valent mon abonnement au Devoir. Ils ont en commun ce pouvoir de mettre en relief des vérités que notre monde d'aujourd'hui ne veut pas ou ne veut plus voir. Cette contribution, sachez-le, a une valeur inestimable, et ce même si elle vous attire des détracteurs. Il y a beaucoup de chroniqueurs qui dénoncent, mais aucun avec votre sensibilité.
Ce qui m'amène au coeur de mon message. Je crois que l'une des raisons pour lesquelles tant de femmes sont encore discriminées, c'est que notre monde méprise la sensibilité. Et bien qu'il y ait des hommes sensibles et des femmes insensibles, il demeure que la sensibilité est au coeur de la dimension "ying" de l'humanité. Étant donné qu'il y a plus de femmes que d'hommes sensibles, et que les femmes ont été dominées si longtemps, il est évident qu'elles le sont encore. Dire que le sexisme est terminé, c'est aussi absurde que de dire que nous sommes libérés de l'emprise de la religion. On ne défait pas en quelques décennies ce qui a marqué des dizaines de générations. Le sexisme et l'emprise religieuse sont des stigmates inscrits presque dans nos gènes. Cela prendra beaucoup de temps à s'en défaire. Le combat est loin d'être terminé.
Et je crois que de regarder ce combat avec l'éclairage de la sensibilité est très révélateur. Notre société ne veut que des leaders qui ont l'air fort. Mais la vraie force est celle qui est, pas celle qui paraît. Malheureusement, sensibilité, vieillesse, féminité et simplicité égalent encore faiblesse pour beaucoup trop de gens.
Ce sont pour ces raisons qu'on préfère encore un leader beau, charismatique, jeune, macho et arrogant.
Ce qu'il y a de plus regrettable dans la mise à l'écart de Mme Clinton, de Ségolène ou de Pascale Nadeau, pour ne donner que trois exemples, c'est que voilà trois femmes avec énormément de simplicité et de sensibilité. Et voilà exactement pourquoi elles ont été tassées. Ce qui nous prive tous, comme société, de personnes vraiment humaines et sincères, capables de vraiment atténuer la dureté de notre monde.
Malheureusement, nos valeurs sont plus que jamais aux mauvais endroits. Merci de vos articles transcendants, Mme Payette. Ils préservent nos espoirs. À long terme, ils font partie de ce qui fera avancer les choses.

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