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Trop peu-trop tard sans gestes concrets.

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Lorraine Dubé (lorraine.dube@hotmail.com)
Envoyé Le jeudi 12 juin 2008 14:00



Des excuses nécessaires mais combien tardives pour des actes d'assimilations...même de génocide. Trop peu, trop tard! Des peuples ont en effet disparu sans être répertoriés puisque non recensés. Faute de temps à ma disposition, j'ajouterai qu'il serait impensable que de tels actes puissent être tolérés aujourd'hui, soit de brimer les gens dans leur identité, leur culture, leur langue. Sans parler des atrocités subies!
Dans ma famille, nous savions avoir des origines autochtones comme beaucoup de québécois. Mon père s'était même procuré au milieu des années 60 une encyclopédie de collection Drouin incluant notre arbre généalogique. Nous serions même parents lointains de Chevalier Delorimier dont les lettres
(même celle à la veille de sa pendaison par loi martiale)étaient incluses dans les volumes.
Que pensez-vous de ce vol d'identité lorsque je vous apprends que ma mère de 85 ans a su l'année dernière que ma soeur aînée a obtenu ses papiers de Premières Nations? C'est un vol d'identité non monayable. Inutile de rajouter que nous pourrions tous obtenir nos papiers en nous cloitrant dans une réserve!!!Fort discutable. D'ailleurs, il semblerait que les Premières Nations aient plus de documents(censures fédérales)à leur disposition et qu'ils soient à notre recherche. Ne trouvez-vous pas indécent que ma mère de 85 ans ait obtenu confirmation l'an dernier de ses origines Huron-Algonquin par sa mère et son père? Mon père serait des micmacs. Précisons qu'à compter de 1954 les Hurons avaient le droit d'aller à l'école mais il était absolument INTERDIT de parler leur langue sous peine de fortes réprimandes. Je me rappelle avec le recul combien les origines de mes grands-parents maternels étaient évidentes, par leur physionomie et leur connaissance de la nature. Il y avait cependant un malaise lorsque ma grand-mère nous parlait de ses ancêtres. Je sais maintenant combien leur intégrité a été bafouée. On leur avait tellement inculqué des notions réductrices qu'ils en finissaient par ressentir très peu d'estime d'eux-mêmes. C'était mal d'être une SAUVAGE. Une femme ne pouvait quitter sans subir la conséquence de perdre son appartenance au groupe. Obligation de vivre cloitrés au risque d'être reniés et exclus. Ni plus ni moins que du bétail quoi! Je comprends mal monsieur Bousquet, vous qui êtes nationaliste, votre manière de banaliser et même glorifier l'assimilation et le génocide des Premières Nations. Ils maîtrisent peut-être la langue française comme vous le dites mais au détriment de leur propre culture, langue...INTÉGRITÉ. Sans parler de la violence inqualifiable! Comment peut-on compenser ma mère toujours vivante pour ce vol flagrant d'une partie d'elle-même? Sachez bien qu'aucun montant d'argent ne peut compenser cette perte! Autant que pour ma part je ne réclame rien, et n'ai pas l'intention d'aller vivre dans une réserve pour me soustraire à l'impôt. Je comprends très mal que des gens pourtant nationalistes puissent cautionner l'injustifiable.
Souverainement
Lorraine Dubé

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