Réunion au sommet pour étudier l'envolée des prix du pétrole

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AFP
Édition du mercredi 11 juin 2008

Mots clés : OPEP, conférence, pétrole, Prix, Sommet, France (pays), États-Unis (pays)

Les États-Unis seront de la conférence entre les pays producteurs et consommateurs

Le secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, Abdallah el-Badri.

Photo: Agence Reuters

Paris -- La conférence entre pays producteurs et consommateurs de pétrole proposée par l'Arabie saoudite pour examiner les causes de l'envolée des cours se tiendra le 22 juin à Djeddah, en Arabie, a annoncé hier à l'AFP le secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Abdallah el-Badri.

La Maison-Blanche a indiqué hier que les États-Unis devraient participer à la conférence. «Étant donné que nous sommes l'un des plus grands producteurs et consommateurs mondiaux, nous prévoyons de participer», a dit un porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Fratto. «Il serait utile de répondre au besoin d'ouvrir les marchés aux investissements, ce qui aurait pour résultat une efficacité et une production plus fortes», a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'OPEP a précisé que les pays producteurs et consommateurs y seraient conviés. Les pays européens seront invités individuellement et ne seront pas seulement représentés par la Commission européenne. L'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui représente les intérêts énergétiques des pays industrialisés, y assistera. «Les présidents d'institutions financières comme Morgan Stanley ou Goldman Sachs» seront également invités, a précisé M. el-Badri.

Cette conférence a été organisée par l'Arabie saoudite dans un contexte de très forte envolée des prix du brut: le baril a pris près de 40 $US depuis le début de l'année, frôlant 140 $US vendredi à l'issue d'une hausse de 16 $US en deux séances seulement, un record historique.

Lundi, le Conseil des ministres de l'Arabie saoudite, chef de file de l'OPEP, a chargé le ministre du Pétrole, Ali Al-Nouaïmi, de convoquer une réunion des pays producteurs et consommateurs et des compagnies pétrolières pour «examiner la flambée des prix, ses causes et la manière d'y faire face avec objectivité».

Hier, le patron du géant gazier russe Gazprom a pronostiqué un baril à 250 $US à longue échéance. L'inquiétude grandit dans les pays industrialisés, notamment en Europe, où les mouvements de protestation des professions les plus touchées se multiplient. La flambée du pétrole sera au centre de la réunion des ministres des Finances du G8 (les huit pays les plus industrialisés) qui se tient les 13 et 14 juin à Osaka, au Japon.

Plusieurs pays consommateurs (États-Unis, Royaume-Uni et France) ont déjà salué l'initiative saoudienne. «Je pense qu'il s'agit d'une idée intéressante du roi [Abdallah] d'Arabie saoudite», a déclaré hier le président américain George W. Bush.

Deux membres de l'OPEP, le Koweït et l'Iran, se sont dits favorables à une telle réunion mais Téhéran a en même temps appelé à la fin des pressions et des menaces de sanction contre les producteurs. L'Algérie n'est «pas opposée» à une concertation entre producteurs et consommateurs de pétrole, a déclaré quant à lui Chakib Khelil, ministre algérien de l'Énergie et président en exercice de l'OPEP.

L'Arabie, premier producteur de pétrole brut au coude à coude avec la Russie, se dit prête à pomper plus si le marché en a besoin, mais répète à l'envi, comme ses partenaires de l'OPEP, que le marché n'a pas besoin de plus de pétrole à l'heure actuelle.

D'autant que l'OPEP a accru sa production de près de 500 000 barils par jour le mois dernier, pompant au total 32,3 millions de barils par jour, au-delà de ses quotas officiels. L'OPEP estime que le prix actuel du baril n'est pas lié à un manque d'approvisionnement du marché mais aux tensions géopolitiques et à la spéculation.

De son côté, l'AIE s'inquiète de la chute quasi continue des stocks de pétrole mondiaux avec un risque de pénurie d'ici la fin de l'année, et à plus long terme, d'un manque d'investissements des pays producteurs qui laisse planer le doute sur leur capacité future à répondre à une demande mondiale en hausse.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com
  Publicité - Un produit ou un service ?