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Trop de cuisiniers, ça gâche la sauce.

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Jean-Pierre Aubry
Envoyé Le mardi 10 juin 2008 08:00



« Il les choisit bien sûr davantage en fonction de leur bénéfice électoral que de leur impact sur l'économie des régions à moyen et long terme. » Voici encore un problème récurrent de mauvaise gestion du secteur gouvernemental. Les gouvernements allouent des subventions sur une base électoraliste et ils ne coordonnent pas entre eux leurs actions. Ce type de problèmes n'est pas ponctuel ou nouveau. Quand la gestion s'éloigne des principes de base de la bonne gouvernance, on récolte des inefficacités et des inefficiences. Quand les actions de la main droite ne sont pas coordonnées avec celles de la main gauche, on fait souvent des dégâts. M. Blackburn est dans une certaine mesure responsable des problèmes que vous mentionnez dans votre texte, mais, selon moi, la raison principale de ces problèmes est liée à une mauvaise répartition des responsabilités et des tâches entre deux ordres de gouvernement. Trop de cuisiniers, ça gâche la sauce. On a un problème systémique.

Le gouvernement fédéral semble incapable d'accepter de travailler au niveau des grandes politiques nationales. Pour des raisons électorales et par souci de tout analyser-planifier-coordonner, il veut agir partout. Les gouvernements provinciaux ont la même approche avec les municipalités. Les deux ordres de gouvernement n'acceptent pas que la responsabilité d'un domaine de gestion soit sous la responsabilité d'une administration gouvernementale (fédérale, provinciales et municipale) et que celle-ci ait l'autonomie financière pour accomplir les tâches impliquées par cette responsabilité. Oui, deux cuisiniers peuvent travailler dans la même cuisine, l'un fait le rôti et l'autre un gâteau, mais ils ne doivent pas faire ensemble le rôti et le gâteau.

Pourquoi Québec reçoit-il des transferts d'Ottawa pour financer la gestion des dossiers de son système public de santé ? Pourquoi une municipalité du Québec doit-elle quémander un tiers de son financement à Québec et un tiers à Ottawa pour fiancer une piscine municipale qui sera utilisée à 99% par ses citoyens ? Pourquoi le même OSBL doit-il demander des subventions aux administrations municipales, provincial et fédéral, et parfois à plusieurs ministères d'un même gouvernement ? Il ne faut pas se surprendre que les infrastructures des municipalités canadiennes soient en si mauvais état. Cela n'a rien à voir avec la mauvaise gestion d'un ministre en particulier.

Quand tenterons-nous d'aborder de telles questions d'une façon plus globale en tenant compte des intérêts à long terme des citoyens ?

Jean-Pierre Aubry

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