Les républicains torpillent un projet de loi sur le climat
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Washington -- La minorité républicaine du Sénat a torpillé hier le premier grand projet de loi pour lutter contre le réchauffement climatique, faisant qu'aucune initiative sur le climat n'aboutira aux États-Unis avant le prochain président et une nouvelle législature en 2009.
Les partisans de ce texte n'ont obtenu que 48 votes contre 36 pour pouvoir clôturer les débats, soit loin des 60 votes nécessaires pour que ce projet de loi puisse être soumis à un vote final, le bloquant de facto.
Pour ce faire, il prévoyait la création d'un marché de droits à polluer, sur le modèle de celui adopté en Europe pour appliquer le protocole de Kyoto.
Ses promoteurs estimaient que ce système, en pénalisant les pollueurs et en récompensant les industries les plus propres, aurait généré des milliards de dollars pour financer des investissements dans des énergies alternatives propres tout en créant de nombreux emplois.
Le président George W. Bush avait rejeté Kyoto en 2001, faisant valoir que des réductions contraignantes de ces émissions polluantes seraient trop pénalisantes pour l'économie américaine , donnant un avantage compétitif notamment à la Chine, non tenue de respecter le protocole de Kyoto, étant un pays en développement.
Campagne
M. Bush et des industriels dans le charbon et la production électrique notamment avaient lancé une campagne récemment pour faire dérailler ce texte dont les chances d'adoption cette année étaient pourtant jugées faibles.
Le président américain prône un système de réduction volontaire par les industriels ainsi que le développement de technologies propres permettant de réduire les gaz comme le CO2 (dioxyde de carbone) dont les États-Unis sont les plus gros émetteurs, avec 25 % du total.
Le chef de la minorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a dit jeudi qu'«on ne pouvait pas faire avaler un projet de loi de cette ampleur au Sénat sans en analyser tous les détails».
Le Sierra Club accuse «la minorité républicaine de préférer jouer à des jeux procéduraux plutôt que d'avoir un débat ouvert sur le réchauffement», a jugé Josh Dorner, porte-parole de l'organisation de protection environnementale.
«C'est une poignée de dirigeants républicains du Sénat qui a saboté le processus en gaspillant 340 heures de débat sur une motion déjà approuvée, a-t-il dit. Mercredi, ils ont forcé les clercs du Sénat à lire à haute voix les 491 pages du texte.»
Pour la Ligue des électeurs pour la préservation de la nature («League of Conservation Voters»), la prochaine étape aura lieu en novembre 2008, avec l'élection présidentielle et le renouvellement d'un tiers du Sénat et la totalité de la Chambre.
«Nous avons une élection en novembre et nous allons travailler pour avoir 60 voix de majorité au Sénat», a déclaré David Sandretti, porte-
parole de cette organisation, exprimant sa déception que le candidat républicain John McCain, favorable à une action sur le climat, n'ait pas convaincu les responsables de son parti.
M. McCain, qui n'a pas participé au vote, tout comme son opposant démocrate Barack Obama --, tous deux étant hors de Washington -- a indiqué dans un communiqué qu'il aurait voté pour que les débats se poursuivent.
«Mais comme nombre de mes collègues, je crois que ce projet de loi doit être débattu, amendé, amélioré et finalement devenir une loi», a-t-il dit, ajoutant que «le changement climatique est le défi environnemental le plus important auquel est confronté l'Amérique et le monde».

