Au revoir les enfants
Mots clés : Art, George Hogg, The Children of Huang Shi, Culture, Cinéma, Canada (Pays), Québec (province)

Ce jeune homme plus carriériste qu'idéaliste (Jonathan Rhys Meyers, parfois trop séduisant et propret pour un correspondant de guerre) débarque en Chine avec l'intention de raconter au monde les horreurs quotidiennes subies par le peuple chinois. Son imprudence, sous la bannière empruntée de la Croix-Rouge, le conduit dans une ville dévastée par l'armée japonaise. Capturé et sur le point d'être éliminé, il est sauvé in extremis par «Jack» Chen (Chow Yun Fat), un ardent communiste, et Lee (Radha Mitchell), une infirmière américaine travaillant pour la Croix-Rouge, elle en toute légalité. Pour sa sécurité, Jack force George à trouver refuge dans un orphelinat aux allures de palace en ruine où vivent une soixantaine d'enfants au ventre creux.
Le séjour, douloureux pendant quelque temps, se révèle fort instructif pour George, qui se découvre des qualités de leader et un amour insoupçonné pour ces gamins, transformés par sa présence. Mais lorsqu'il découvre que les nationalistes s'apprêtent à les enrôler de force contre l'ennemi japonais, il entreprend, avec l'aide de Jack, de Lee et le soutien indéfectible d'une riche marchande (Michelle Yeoh, chacune de ses trop rares apparitions devient un moment de grâce), un voyage impossible à travers les montagnes jusqu'au désert de Gobi.
De telles prouesses dans un climat historique aussi agité nécessitent des moyens à la hauteur de ce désordre. Roger Spottiswoode n'en manque pas, se prenant parfois, sans l'égaler, pour David Lean, et ce, à grand renfort d'explosifs et de paysages à couper le souffle (la touche exquise de Zhao Xiading, le directeur photo de Zhang Yimou). C'est un confort financier que procurent les coproductions internationales, allant de pair avec les compromis inévitables, dont cette omniprésence de l'anglais dans une Chine pas encore convertie aux splendeurs et misères du capitalisme.
Après J'ai serré la main du diable, Roger Spottiswoode décrit de nouveau les mésaventures d'un Occidental au teint pâle et un peu naïf débarquant dans un monde dont il ignore les codes, dépassé par les événements avant de les saisir à bras-le-corps. La démonstration ne manque pas d'élégance cinématographique, mais tout cela est trop souvent filmé sous le mode tourisme de luxe à saveur humanitaire, versant aussi dans l'anecdotique sympathique dans la portion du film concentrée dans l'orphelinat. Cet académisme stérilise quelque peu ce désir de dénoncer les affres de la guerre et la misère d'un peuple, surtout de ses enfants.
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The Children of Huang Shi
Réalisation: Roger Spottiswoode. Scénario: James MacManus, Jane Hawksley. Avec Jonathan Rhys Meyers, Radha Mitchell, Chow Yun Fat, Michelle Yeoh.
Image: Zhao Xiaoding.
Montage: Geoff Lamb.
Musique: David Hirschfelder. Australie-Chine-Allemagne,
2008, 125 min.
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Collaborateur du Devoir
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