Paysage industriel - Un silo comme riche héritage controversé
Mots clés : canal de Lachine, silo no 5, Paysage industriel, Municipalité, Québec (province), Montréal

C'est à cet endroit que l'on retrouve aussi l'enseigne Farine Five Roses et, tout près, l'ancien faubourg des Récollets, devenu aujourd'hui la Cité multimédia.
Ce n'est toutefois pas un hasard si c'est dans ce secteur que l'on retrouve tout cet héritage industriel.
«Le quartier longe les voies de transport les plus importantes de l'époque: le fleuve Saint-Laurent et le chemin de fer. En fait, les paysages industriels sont toujours construits près d'au moins une voie de transport importante. C'est en fait sa colonne vertébrale», explique-t-il.
Sujet de discorde
Silo no 5, enseigne Five Roses: tout un patrimoine historique de l'ère industrielle, qui est toutefois loin de faire l'unanimité dans la population. «Environ la moitié des Montréalais détestent ces éléments du décor! Le paysage industriel est en fait toujours assez controversé. Je crois que ça s'explique en partie parce que les Québécois détestent le béton. Ils détestent la rouille aussi, qui commence à être apparente sur le silo no 5», indique M. Brodeur.
Le désormais célèbre silo est désaffecté depuis 1995 et, s'il est toujours question de projets de transformation, rien ne bouge pour le moment. «Tôt ou tard, il faudra qu'il se passe quelque chose. Ou on fait un projet avec le silo, ou on le démolit. Pour ma part, je crois que c'est une structure extraordinaire qui a beaucoup de potentiel et qui pourrait même devenir très facilement une icône de Montréal, à condition que les gens se l'approprient», croit-il.
Car, pour le moment, les citoyens n'ont pas accès au site de ce mal-aimé du paysage montréalais. «On doit trouver une nouvelle fonction à ce silo et son pourtour doit être aménagé et accessible. Les gens doivent pouvoir aller près de cette structure pour sentir son gigantisme», affirme le spécialiste du patrimoine.
Pourtant, la Ville de Montréal renferme son lot de projets de développement menés à terme et ayant récupéré des parties du paysage industriel. De bons exemples, d'après Mario Brodeur: le secteur des Shops Angus et la Cité multimédia. La transformation d'anciennes usines en magnifiques lofts est aussi une bonne façon de se réapproprier des constructions industrielles. «Ces lofts, avec leur grande fenestration et leurs hauts plafonds en béton, sont très recherchés. Il y a là une qualité d'espace que l'on se doit de considérer. Or on est souvent prompt à sacrifier le paysage industriel», remarque l'architecte.
Toutefois, il semble que les temps changent. «On a de plus en plus tendance à regarder le paysage industriel de Montréal et à vouloir se l'approprier. Et l'appropriation d'un héritage par des citoyens est une condition sine qua non de sa protection.»
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Collaboratrice du Devoir
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Préservons l'enseigne et approprions-nous le silo! - par Marie-Anne Cantin (ma.cantin@gmail.com)
Le dimanche 08 juin 2008 12:00

