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Les placards dorés...
L'organisme d'où j'ai été placardé a vécu plusieurs périodes de troubles profonds, de compressions budgétaires et d'effectifs, de modification de mandat et ne correspond, aujourd'hui, qu'à une pâle copie de celui auquel je me joignais, quarante ans passés. Comment puis-je regretter que l'on m'ait offert en 1996 une place de choix dans le placard de la petite histoire ?
Curieusement j'en avais toujours rêvé comme d'une sabbatique permanente que j'allais consacrer à ne faire que ce que je souhaitais ou presque. Cette période de douze ans a donc été consacrée à m'extraire de mon asservissement mental au travail, de me remettre au travail plaisant et volontaire, et de me remettre à des activités, des auteurs, des textes, des oeuvres et des recherches auxquels je rêvais.
La somme totale de ces années de placard est donc positive pour moi, sauf que mon cas est exceptionnel; on survit bien dans un placard doré. Parce que dans le fond, cette forme de placard est plutôt rare et qu'elle est plus libératrice que contraignante.
