Vos réactions
...de la substance!
Selon vous les deux hommes auraient choisi de faire front commun «sur un certain nombre de dossiers, et ce dans l'espoir de déstabiliser Ottawa au nom d'un formidable fédéralisme qui unirait l'Ontario et le Québec comme des frères». Prenons la question centrale de l'environnement, si je vous lis bien, l'intention des deux provinces d'avoir des critères plus contraignants qu'Ottawa aurait été de «déstabiliser» M. Harper. Votre choix de mot fait penser à un lutteur qui tenterait de donner une jambette à son opposant. Voyons comment le fédéraliste que je suis dit la chose différemment, tant il est que «quidquid recipitur, ad modum recipientis recipitur», tout ce qui est reçu, l'est à la forme du récipient.
Commentant cette semaine l'excellente analyse faite par votre collègue Manon Cornellier sur cette rencontre Québec-Ontario, je lui ai écrit ceci: « Votre analyse me fait penser à un système qui réquilibrerait la trop forte pression du haut, ou son manque, par la consolidation de sa base via un jeu d'alliances et d'appuis mutuels. Voilà une autre vertu ininscrite et agréablement surprenante du système fédératif. Si le Québec s'avisait de faire bande à part en devenant indépendant, il reproduirait sans doute la même dynamique avec ses sept ou huit régions. Mais contrairement au régime actuel, il n'aurait pas la masse critique pour mieux faire bouger les choses que le haut ou le centre du système, tel que viennent de le démontrer le Québec et l'Ontario face à l'inertie du gouvernement Harper sur la question environnementale».
Laissez-faire les jambettes, Madame Payette. Dénoncez que le Québec et l'Ontario couchent dans le même lit, soit. Mais montrez-moi la clause du contrat de mariage avec Ottawa qui leur interdit de le faire. Après tout, ne dites-vous pas qu'ils sont des frères!
Pour paraphraser Diane Dufresne, donnez-moi de la substance.
Pascal Barrette, Ottawa
