Opinion

Audiences du CRTC - Si TQS devenait un jour rentable...

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Maxime et Julien Rémillard, Coprésidents de Remstar

Édition du lundi 02 juin 2008

Mots clés : TQS, CRTC, télévision, Information, Média, Québec (province)

En tant que dirigeants de l'entreprise gestionnaire de TQS, autorisée par la Cour et le CRTC, [nous] nous sommes imposés un devoir de réserve et de discrétion durant toutes les étapes légales et réglementaires qui doivent être franchies pour parachever l'acquisition de TQS.

Cependant, devant l'importante médiatisation des décisions annoncées par TQS dans le cadre de son plan de relance, et devant plusieurs interprétations erronées et commentaires insidieux, il nous apparaît important de rétablir les faits.

Le 23 avril dernier, la direction de TQS a annoncé, avec notre accord, le licenciement graduel de 270 employés d'ici à septembre 2008. Nous sommes conscients et peinés du traumatisme humain causé par les annonces de licenciements. Nous regrettons, par ailleurs, que TQS n'ait pu s'engager à payer 100 % des indemnités de départ de ces employés, cette offre ayant été refusée par les syndicats.

La faillite de TQS

Licencier est un geste qui reflète l'échec d'une entreprise. Mais cet échec n'est pas le nôtre. TQS est une compagnie en faillite pure et simple depuis décembre 2007. Nous ne sommes pas responsables des 71 millions de pertes accumulées, ni des 18 millions de pertes de l'an dernier, ni de celles qui s'accumulent depuis janvier 2008 au rythme de 1,2 million par mois. Nous ne faisons que tenter de ressusciter une entreprise cliniquement morte.

Après avoir longuement étudié la situation de TQS, notamment dans le contexte hautement concurrentiel et en pleine mutation de l'univers de la télévision, il nous est apparu évident que toute possibilité de survie était impossible sans une révision majeure des orientations et du rôle de ce réseau.

La récurrence des pertes, qui totalisent 225 millions de dollars depuis 20 ans, ne fait que confirmer la mort du modèle d'affaires actuel de TQS. Jamais dans toute l'histoire de la télévision au Canada, un réseau n'a connu un aussi triste record de rentabilité.

Les nouvelles

Devant la gravité de la situation et l'obligation de soumettre un plan d'arrangement crédible à ses créanciers, TQS devait réduire rapidement ses charges d'exploitation pour éviter la liquidation de l'entreprise. Nous avons examiné en profondeur plusieurs scénarios avec les dirigeants de TQS et nous avons dû prendre la décision de mettre un terme au service traditionnel de collecte des nouvelles tout en maintenant dans la programmation des émissions d'information dans toutes les régions desservies.

Depuis 2004, les bulletins de nouvelles de TQS ont enregistré une baisse d'audience de 39 % et sont responsables de 40 % des pertes de l'entreprise. Ce déclin majeur s'explique notamment par la forte concurrence des puissants réseaux convergents comme TVA-Quebecor et SRC-La Presse, ainsi que par la migration du public vers les chaînes d'information continue et Internet.

Nouvelle formule

Dans cet environnement en pleine mutation, TQS doit repenser son rôle en fonction de ses moyens financiers. Nous sommes convaincus que ce rôle doit s'orienter vers l'analyse et l'interprétation des nouvelles brutes qui reflètent la réalité des communautés et des régions que TQS dessert. Nous inviterons également les citoyens à être partie prenante de l'information véhiculée, par leurs témoignages, l'expression de leurs opinions, et leurs interactions avec les animateurs et analystes. Cette nouvelle formule s'inscrit parfaitement dans notre souhait de démocratiser l'information à TQS.

En prenant la décision de privilégier la programmation originale québécoise, au-delà de la survie de TQS, nous avons fait le choix de maintenir et d'augmenter ses investissements dans la production culturelle locale partout au Québec. À terme, ce sont des centaines d'emplois directs et indirects qui seront maintenus et des dizaines de millions de dollars de retombées économiques pour tout le Québec. Cette décision permettra notamment de préserver plus de 400 emplois, dont plus de 210 à TQS.

Survie du réseau

C'est par de nouvelles idées et par sa capacité à s'adapter à son temps, qu'un diffuseur privé indépendant comme TQS pourra envisager survivre dans les années à venir en se donnant une personnalité originale et distinctive. Adopter l'immobilisme dans un monde en mouvement, comme le proposent certains intervenants serait agir en gestionnaire irresponsable et compromettre l'existence même de TQS.

Nous sommes persuadés que les changements que nous proposons dans le fonctionnement et le positionnement de TQS en feront, d'ici quelques années, un diffuseur performant et en bonne santé.


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