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Le ''tabou''

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benjamin prudhomme
Envoyé Le lundi 02 juin 2008 17:00



''Les données montrent que la nature et les conséquences de la violence conjugale sont plus graves pour les femmes que pour les hommes. Les victimes féminines de violence conjugale étaient plus de deux fois plus susceptibles que les victimes masculines d'être blessées, trois fois plus susceptibles de craindre pour leur vie et deux fois plus susceptibles d'être victimes de plus de 10 épisodes violents.''

Cette citation est tirée d'un extrait d'étude à laquelle vous m'avez vous-même référé. N'en lisez-vous que les extraits qui vous plaisent?

En ce sens, je vous invite a consulter ce site
http://www.inspq.qc.ca/violenceconjugale/statistiques/default.asp?id=6#prevalence
Vous pourrez y lire une critique des données que vous défendez haut et fort.. Et leur méthodologie douteuse.

''Au Québec, 16 458 crimes contre la personne commis dans un contexte conjugal ont été rapportés à la police en 2003. Ces crimes ont fait 13 840 victimes féminines (84 %) et 2618 victimes masculines (16 %)1. Source : DUC 2
(En 2003, le DUC 2 couvrait 95 % du volume provincial de criminalité)''
Puisque vous aimez les extraits chocs, celui-ci n'est pas sans vous rappeler l'inexactitude de vos propos.

La violence faite aux hommes est certes un ''tabou''. Cependant, d'affirmer qu'elle est aussi importante que celle faite aux femmes relève du mensonge et du délire masculinistes. Et de renchérir en disant que les féministes ont ''créé'' le rôle de victime qui revient aux femmes qui subissent la violence conjugale est d'autant plus ridicule qu'il banalise cette violence. Ne sont-elles pas des victimes? Elles le sont, et ce en plus grand nombre que leurs homologues masculins. Le discours masculiniste prend beaucoup d'ampleur, sans aucun doute en réaction à la perte de contrôle du groupe des hommes sur celui des femmes qui s'orchestre depuis la Révolution tranquille et qui bouleverse des assises vieilles de nombreux siècles. Mais ce mouvement n'en reste qu'un de réaction, et les propos qu'il véhicule et qui diminuent les tentatives des femmes à l'atteinte d'une égalité de faits qui reste, aujourd'hui, non réelle, sont biaisés et mettent en échec les programmes sociaux visant à établir une meilleure égalité entre les sexes. La violence conjugale n'est qu'un exemple d'une forme de patriarcat qui a longtemps existé au québec (et partout dans le monde) et qui ne commence qu'à être sapé. La ''non-équité'' salariale, les remises en cause du droit à l'avortement, le renvoi à l'image du corps comme principal déterminant (au détriment des capacités cognitives!), la maternité vue comme issue principale avant l'économie financière et personnelle, [..], ne sont que quelques exemples de la flagrante inégalité qui perdure, bien que diminuée et exemplaire ici, au Québec.

Ces grandes réussites, pour lesquelles il faut toujours lutter, sont en grande partie attribuables aux féministes qui ont su, haut et fort, dire ce que tous savaient tout bas. Et faire avancer le monde. Non pas seulement les femmes. Mais les hommes également. Tous gagnent à l'établissement d'une société non discriminatoire. Et la plus importante des discriminations restera toujours celle qui inclue toutes les couleurs et les religions,tous les âges et tous les métiers ; c'est la discrimination selon le sexe.

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