Université de la Colombie-Britannique - Une des trois grandes universités canadiennes,

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Claude Lafleur
Édition du samedi 31 mai et du dimanche 01 juin 2008

Mots clés : Université de la Colombie-Britannique, Science, Université, Colombie-Britannique (Province)

« Il devient vital que les universités se développent en étroite collaboration avec leur ville »

L'Université de la Colombie-Britannique compte 47 600 étudiants et dispose d'un budget annuel de 1,6 milliard de dollars.

Lorsqu'on songe à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) -- qui accueille le 77e Congrès de la Fédération canadienne des sciences humaines -- on a tout de suite en tête le cadre enchanteur des vastes forêts de la côte ouest bordées par les splendides Rocheuses et par le prodigieux Pacifique. C'est le cas de le dire, les campus de l'UBC ont de quoi faire rêver...

Avec en prime la beauté du site qui l'accueille, l'Université de la Colombie-Britannique se perçoit davantage comme au coeur du monde moderne, à la jonction de l'Asie, en pleine expansion économique, et de la puissance géopolitique nord-américaine. Déjà avantageusement classée parmi les plus importantes universités du monde -- notamment au 33e rang selon un palmarès britannique et au 36e selon un classement chinois -- l'UBC a l'ambition de devenir l'un des centres universitaires les plus influents de la planète.

De calibre mondial

C'est en effet la vision mise en oeuvre par son nouveau président, Stephen Toope. «Un peu partout à travers le monde, dit-il, des visionnaires et des gouvernements savent que les sociétés qui réussiront à l'avenir reposeront sur la formation de personnes extrêmement qualifiées et sur la production de nouvelles idées et d'innovations issues de la recherche. Actuellement, les grands centres de créativité se trouvent à Boston, à Tokyo, à Londres et dans Silicon Valley. Ce qui les distingue, c'est la présence d'une ou de plusieurs universités de calibre mondial. Or, actuellement, le Canada ne compte aucune université de ce calibre, bien que deux ou trois en aient le potentiel. Et, bien sûr, l'une d'elles, c'est l'UBC!»

«Nous nous considérons en effet comme l'une des trois grandes universités canadiennes, confirme Richard Cavell, professeur d'anglais à l'Université de la Colombie-Britannique et responsable du volet académique du congrès des sciences humaines. Évidemment, chaque université a ses spécificités. Pour nous, je dirais que c'est d'être orienté vers l'Asie. Outre le fait que nous accueillons un grand nombre d'étudiants asiatiques, nous menons également d'importantes recherches concernant l'Asie, notamment dans notre Institut de recherche asiatique, alors que nous publions le Journal of Pacific Studies. Nous sommes, à n'en point douter, influencés par notre situation géographique.»

De par sa taille, l'UBC se compare assez bien à l'Université de Montréal. Elle compte 47 600 étudiants, dont 5660 provenant de l'extérieur du Canada, et dispose d'un budget annuel de

1,6 milliard de dollars. En comparaison, l'Université de Montréal dessert 56 500 étudiants, dont 5700 étrangers, avec un budget de 1,2 milliard.

Les universités face à la mondialisation

«Je pense que toutes les universités ressentent les conséquences de la mondialisation, poursuit Richard Cavell. Nous observons que nos étudiants proviennent d'un peu partout à travers le monde, comme c'est le cas pour toute université.» Autrement dit, les universités ne rivalisent plus seulement les unes avec les autres pour se partager la clientèle locale, mais elles doivent aussi attirer une bonne clientèle extérieure, non seulement afin d'assurer leur développement mais aussi pour s'enrichir sur le plan culturel et pour favoriser leur visibilité internationale.

«C'est donc dire que le défi pour toute université est de considérer le monde dans son ensemble, de voir que tout est lié, explique M. Cavell. La mondialisation nous oblige en outre à former nos étudiants afin qu'ils perçoivent que les enjeux locaux sont toujours reliés aux enjeux globaux. Je pense que c'est là l'un des premiers objectifs que poursuit notre président: former nos étudiants pour qu'ils deviennent de véritables citoyens du monde.»

L'avenir appartient aux villes du savoir

Le fait d'accueillir le congrès des sciences humaines s'inscrit particulièrement bien dans la stratégie de l'Université de la Colombie-Britannique, qui célèbre ses 100 ans cette année. «C'est extrêmement important puisque, premièrement, c'est le principal événement académique de notre centenaire, souligne M. Cavell. Mais, surtout, c'est le plus important rassemblement au monde de chercheurs oeuvrant dans une foule de disciplines.»

En effet, le congrès rassemble environ 10 000 participants qui représentent 80 sociétés savantes couvrant aussi bien le développement international, les sciences politiques, les sciences sociales, la littérature et la linguistique, la religion, l'éthique, etc. Ayant placé le congrès sous le thème «Penser sans frontières -- Idées mondiales: valeurs mondiales», les organisateurs rapportent que 120 présentations de toutes sortes, en moyenne, auront lieu en même temps!

«C'est gigantesque!, s'exclame le responsable du volet académique du congrès. Saviez-vous que le Canada se distingue à ce chapitre? Nulle part ailleurs vous ne retrouverez un tel rassemblement.»

L'un des grands thèmes abordés lors du congrès sera, au dire M. Cavell, celui des relations entre la culture et l'économie, ou, plus précisément, «l'économie de la culture et l'économie du savoir». L'un des principaux conférenciers sera Richard Florida, économiste spécialisé dans le développement urbain qui enseigne à l'Université de Toronto. Auteur de plusieurs livres à succès, il croit que, à l'avenir, la puissance économique ne sera plus incarnée par les États et

les régions riches en ressources naturelles, mais par les villes où vit une «classe de citoyens créatifs».

«Le monde est en train de passer d'une économie basée sur les ressources naturelles à une économie reposant sur le savoir, explique M. Cavell. Et cette nouvelle économie s'articulera autour des grands centres du savoir -- les villes -- plutôt qu'autour des États ou des régions riches en ressources.»

C'est ainsi que le défi majeur de toute ville consiste à attirer des personnes hautement qualifiées et créatives. Or Florida prétend que celles-ci sont attirées par les villes où vit ce qu'il appelle la «classe créative», composée d'artistes, de créateurs, d'universitaires, de spécialistes des hautes technologies et à l'avant-garde des savoirs.

«Il devient donc vital que les universités se développent en étroite collaboration avec leur

ville, résume Richard Cavell.

Or c'est précisément ce que nous préconisons ici, à l'Université de la Colombie-Britannique.» Qui dit mieux?

***

«Crossing Borders, Contesting Values: Do Universities Matter?» , une allocution de Stephen J.

Toope, sera présentée le mardi 3 juin de 17h15 à 18h15 dans l'Édifice Life Sciences.

***

Collaborateur du Devoir


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