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Audi alteram partem

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Claude Daigneault (cdaigneault@intermonde.net)
Envoyé Le vendredi 30 mai 2008 16:00



La culture générale. Le mot est lâché. Mme Payette a l'audace de mettre le nez des scribouilleurs et autres bonimenteurs dans leur caca. J'emploie le mot "scribouileur' dans le sens que le général de Gaulle avait donné à sa deuxième plus célèbre citation : "Tout ce qui grouille, grenouille et scribouille".
J'ai été journaliste pendant près de 24 ans, dans la presse écrite, à cette époque où il ne suffisait pas d'avoir de la culture générale, mais où il fallait savoir écrire. Personne n'était allé plus loin que le cours classique, mais tout les reporters, les pupitreurs, les chefs de rédaction savaient ce que voulait dire "Audi alteram partem" et il ne serait venu à personne l'idée de se moquer d'un premier ministre qui avait de la culture. Comme il ne serait venu à personne l'idée de croire qu'il s'agissait d'une citation en espagnol, comme je l'avais entendu à l'époque d'une journaliste de Radio-Canada.
Il ne venait non plus l'idée à aucune station de télévision de faire brailler systématiquement quelque interviewé chaque soir au bulletin de nouvelle. Le jaunisme était laissé aux hebdos policiers.
Nous gagnions à l'époque des salaires minables et chacun craignait de perdre son emploi s'il faisait "une coche mal taillée". J'ai osé, dans un cahier Arts et Spectacles, publier une photo d'une toile montrant deux femmes nues, affichant leurs poils pubiens. La direction de l'entreprise a grincé des dents, enduré la pression des lecteurs qui appelaient pour se désabonner en déchirant leurs chemises. Mais elle a résisté, comme a résité le directeur de l'information qui m'a défendu. Nous n'avions en commun que l'idée que la presse devait être libre.
Nous étions plus souvent qu'autrement péquistes, mais nous vivions à l'ère bourassiste. Il ne serait venu à personne l'idée de fausser la nouvelle pour favoriser la cause, pas plus qu'on aurait (en tant que chef de pupitre) accepté qu'un journaliste passe ses opinions personnelles dans un reportage voulu intègre.
Aujourd'hui, je ne lis plus que Le Devoir. Désolé d'avoir l'air téteux, mais c'est le seul endroit où il se fait du journalisme écrit sérieux.
Et plutôt que les nouvelles des chaînes de télé, j'écoute les documentaires de CanalD et de Découverte (venant en droite ligne de la BBC), du canal Historia, de History Channel, etc. J'écoute aussi TF1 et son bulletin de nouvelle vespéral. Enfin de l'information télévisée bien faite.
Le journalisme se meurt-il ? Pourquoi mériterait-il de vivre si ce n'est que de l'information dirigée par des hommes d'affaires assez puissants pour influencer l'opinion du président français ?
Il serait peut-être temps de ramener "Québec Presse", "La ... libre" et pourquoi pas "Le Nouveau Journal" ?

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