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Politiques du voîle aux visages troubles d'un capitalisme moribond

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Francois Munyabagisha (fmunyabagisha@hotmail.com)
Envoyé Le jeudi 29 mai 2008 09:00



De l'essence et du yoyo des prix à la pompe, ca fait un gros bout qu'on en crie. Et l'on se complait à désigner le coupable, l'autre en l'occurrence l'OPEP. Hélas!
Mais il ne s'agit pas que du pétrôle. Depuis un petit bout, ca se jase d'une crise alimentaire dont on ne saurait voir une issue heureuse à l'horizon. Le coupable, toujours le pétrole. Et pourtant!
Au Canada, depuis au moins 2003, la montée du huart se traduit en appauvrissements que pendant longtemps les seules victimes pouvaient voir. J'en sais quelque chose pour y avoir perdu une centaine de milles à l'export. Du coupable, cette fois-ci on se garde de s'avancer, car les pertes que subissons les exportateurs sont sur le plan national compensées par les gains qui enrichissent les importateurs. Mais là où ça «gaze», c'est l'opacité ou disons-le le non reflet des gains de change à l'importation des biens de consommation et d'équipement, au niveau des prix à l'usage.
On pourrait lister à longueur de journées les incongruités de nos économies, culminant sur l'enregistrement tous les ans des croissances macroéconomiques significatives et des profits corporatifs toujours miroboliques dans quasiment tous les pays, pendant qu'en même temps la pauvreté ne recule jamais, s'empirant au plus sacrant.
De mon point de vue, il y lieu de questionner sériusement le coupable. Je crois hélas qu'il y a refus délibéré d'aller au fond des choses. Si rien ne se perd et rien ne se crée dans ces domaines de l'accumulation et la redistribution des richesses, où vont les richesses que les citoyens créent et d'où viennent les profits que les compagnies affichent?
Les crises actuelles ne sont pas conjoncturelles pour être absorbées par des patches d'aides gouvernementales. Elles sont structurelles et idéologiques. Il s'agit bien des conséquences directes de la dérégulation d'un capitalisme en manque d'inspirations. Depuis l'échec du socialisme, ou plutôt son vieillissement prématuré, l'esprit du profit c'est imposé en dieu des économies. Depuis, c'est la course libre aux profits, mêmes des gouvernements recherchent des surplus sans égards aux services aux citoyens et à la nation. Sur un autre plateau, les compagnies sont publiques, et donc se prévalent d'une appartenance aux citoyens. Ainsi, lorsqu'elles font des profits, les citoyens chantent mais au fonds ce ne sont que des pinuts qui tombent dans les poches de quelques rares épargnants. Et le gros lot passe inaperçu, pour enrichir les plus riches.
La solution, ce n'est pas d'y aller à la cuillère, plutôt à la pioche et la pelle mécanique. Il faut rénover les structures du capitalisme, soit l'esprit du profit et les lois sur la corporation, réécrire les syllabus et recycler les diplômés.
Il faudra révolutionner les mécanismes d'échange de biens et services, de façon à assurer une redistribution équitable sinon soutenable des richesses créées. Ces défis s'adressent aux penseurs, économistes, fiscalistes et politiques ou autres.
Ensuite, les consommateurs avons grand besoin de nous sensibiliser des responsabilités qui sont les nôtres et des moyens d'actions à notre portée. Nous pouvons, sans inutiles auto-mutilations, nous dégager de l'emprise des forces de la commercialisation, réactiver notre imagination et réajuster nos modes de vies et envies, exiger des gouvernements la mise en oeuvre de solutions alternatives solides, etc.

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