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Pierre Rousseau
Envoyé Le mercredi 28 mai 2008 11:00



Il n'est pas rare au sein de la fonction publique fédérale que des documents « classifiés » soient perdus, oubliés ou encore se retrouvent intacts dans un bac à ordures. Il y a souvent de la part des autorités de la sécurité dans les ministères des rappels des règles de sécurité et il est extrêmement rare qu'un fonctionnaire soit démis de ses fonctions pour avoir omis de respecter ces règles. On peut se rappeler qu'il y a quelques années un fonctionnaire du SCRS avait laissé des documents classifiés dans le coffre de sa voiture dans un stationnement public et que la mallette en question avait été volée sans que le fonctionnaire ne perde son emploi.

Donc, on peut conclure que le Premier ministre avait déjà, dans son esprit, décidé de se débarrasser de M. Bernier et qu'il n'attendait que le prétexte pour ce faire.

Que M. Bernier n'ait eu que peu d'expérience en matière internationale lorsqu'il a été nommé ministre des Affaires étrangères n'est pas étonnant car c'est souvent le lot de plusieurs ministres. Le PM n'a le choix que parmi les députés de son partis qui sont élus (sauf exception) et il doit jongler non seulement avec les compétences mais aussi avec les régions du pays qui doivent être représentées dans le cabinet. Dépendant des partis au pouvoir, les compétences sur lesquelles le PM peut compter sont plus ou moins rares.

En général, un ministre qui ne connaît pas grand chose au domaine pour lequel il est nommé peut compter sur la fonction publique et, particulièrement, son sous-ministre pour l'informer adéquatement des dossiers et éviter de faire des gaffes. On peut se demander où étaient les haut-fonctionnaires des Affaires étrangères lorsque M. Bernier a fait ses gaffes... Il n'est certes pas le seul à blâmer dans cette affaire mais, par son comportement désinvolte et inepte, il s'est placé dans la situation idéale pour devenir un bouc-émissaire de l'incompétence du gouvernement Harper en matière d'affaires étrangères.

Néanmoins, vous avez entièrement raison et M. Harper doit porter le chapeau car c'est lui qui veut que son gouvernement soit littéralement un « one man show » et qui veut tout contrôler. Qui trop embrasse mal étreint!

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