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Des dessous vaporeux

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Gabriel RACLE
Envoyé Le mercredi 28 mai 2008 05:00



Il est certainement difficile de démêler tous les dessous de l'affaire Maxime Bernier - Julie Couillard et ceux que l'on entrevoit laissent planer des zones obscures qui ne manquent pas d'attirer l'attention. Est-ce voulu, pour aguicher le chaland ou est-ce un moyen de distraire l'attention, de détourner le regard de sujets plus brûlants en laissant entrevoir des apparences prometteuses? Mais de quoi?

Ce qui apparaît très clairement peut se résumer en quelques lignes. On a entendu des journalistes dire que Stephen Harper avait sacrifié son ministre des Affaires étrangères, auquel un bel avenir semblait promis. Mais ne serait-ce pas l'inverse? En donnant sa démission pour avoir oublié des documents confidentiels, M. Bernier conforte la position de S. Harper qui a toujours dit, et continue de le répéter, que cette démission n'a rien à voir avec les amours du ministre. Donc, M. Bernier protège son Premier ministre.

En même temps, en ayant démissionné, il devait couper l'herbe sous le pied de l'Opposition, qui réclamait à cor et à cri la démission du ministre. C'est chose faite et l'Opposition était censée perdre des munitions et la tension créée à la chambre des communes par la liaison douteuse du ministre devait retomber. De plus, le moment choisi paraissait opportun, quoiqu'on en dise, puisque le Premier ministre se trouvant en Europe, la soupe chaude avait le temps de refroidir avant son retour. Les déclarations en clair-obscur de Julie Couillard semblent perturber quelque peu cette « stratégie ».

Par ailleurs, si la démission de Maxime Bernier n'a rien à voir avec une liaison amoureuse suspecte, mais relève d'une faute professionnelle, celui-ci peut se retrouver en bonne position si ses électeurs lui font toujours confiance lors de la prochaine élection, ce qui semble être le cas, et l'ex-ministre pourrait retrouver un portefeuille, comme celui de l'Industrie, où il s'est déjà comporté honorablement. Il ne commettra plus l'erreur incriminante et le tour est joué. Donc, en retour de sa démission qui le protège, S. Harper protège à son tour l'avenir potentiel de Maxime Bernier, au cas où le parti conservateur serait reporté au pouvoir.

Est-ce inimaginable d'envisager une telle stratégie? Il y a trop de coïncidences, que la presse n'a pas relevées en se centrant plutôt sur les lacunes des déclarations de J. Couillard, que l'on peut légitimement se poser des questions sur le déroulement de cette opération, qui semble trop bien orchestrée pour être purement accidentelle. L'avenir nous donnera-t-il une réponse? Pour l'instant, ce sont les dessous de madame Couillard dans son histoire qui retiennent l'attention. On verra ce qui en sortira.

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