La hausse des coûts de l'énergie limite les avantages de la mondialisation en augmentant les frais de transport à un point tel qu'ils contraignent les entreprises à se rapprocher de leurs marchés respectifs, conclut un rapport Marchés mondiaux CIBC.
Jeff Rubin, stratège en chef et économiste en chef à Marchés mondiaux CIBC, a écrit dans le document, rendu public hier, que la mondialisation était «réversible». Selon le spécialiste, «dans un monde où le baril de pétrole coûte plus de 100 $US, la distance est coûteuse. Bien que la libéralisation du commerce et la technologie aient aplani le monde, l'augmentation des coûts du transport le rendra encore une fois plus rond». M. Rubin et Benjamin Tal, coauteur du rapport, avancent que le coût du transport mondial des marchandises -- en particulier les matériaux lourds tels que l'acier -- représente aujourd'hui la barrière la plus importante au commerce mondial, et non pas les tarifs. Les deux hommes ont calculé que chaque augmentation de 1 $US des cours mondiaux du pétrole s'est traduite par une hausse de 1 % des coûts de transport. En fait, l'explosion des frais de transport provoquée par la flambée des cours du pétrole a annulé les efforts de libéralisation du commerce menés depuis trois décennies, ont-ils observé. En 2000, alors que le baril de pétrole se négociait à 20 $US, les frais de transport équivalaient à un tarif de 3 %, est-il écrit dans le rapport. Actuellement, les coûts d'expédition représentent l'équivalent d'un tarif de 9 %, et à 150 $US le baril de pétrole, ils équivaudraient à un tarif de 11 %, soit un niveau jamais atteint par les tarifs eux-mêmes depuis les années 1970. Sur notre photo, des conteneurs attendent l'embarquement au port de Shangai, en Chine.