Concerts classiques - Ardente fin de saison

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Christophe Huss
Édition du mardi 27 mai 2008

Mots clés : symphonie, OSM, Culture, Musique, Montréal

Concert important de l'OSM en clôture de saison, concert extrêmement lourd aussi, avec un concerto de 40 minutes et une symphonie de 75 minutes que l'on ne s'imagine pas, a priori, écouter avec enthousiasme par un beau dimanche estival.

Concert important, puisqu'il marque le début de ce que Till Fellner et Kent Nagano souhaitent voir devenir une intégrale des Concertos pour piano de Beethoven. Pour l'instant, seul l'enregistrement du premier volume (Concertos n° 4 et 5) est acquis. Les micros des ingénieurs de l'étiquette ECM étaient en place.

Till Fellner se présentait à Montréal, un mois après son très décevant récital, dans un état de préparation et de concentration extrêmes. Son Empereur vaut principalement par son infaillible logique et la qualité de timbre et de toucher dans tous les passages indiqués «léger» ou «légèrement». Il m'a semblé que la pulsation naturelle de Fellner dans le 2e mouvement était un rien plus rapide que celle de Nagano et que le premier passage forte de ce volet (mesures 35 à 45) restait trop contenu. Cet Empereur sculpté est plus élégant que puissant, mais, dans cette optique, très bien réalisé.

De la 7e Symphonie de Chostakovitch on avait tout à craindre en songeant à l'interprétation amidonnée de la 8e Symphonie en février 2006 (couplée alors au... Concerto «Empereur» avec Radu Lupu). Métamorphose réussie, avec une interprétation hargneuse, n'hésitant jamais à forcer les timbres et les accents (ah, ces pizzicatos secs!) mais habitant magnifiquement les passages de pénombre du dernier mouvement. Dans la grandiose montée de ce que j'ai appelé récemment le boléro de la terreur, on a noté la qualité des appariements hautbois-basson, trompettes et trombones bouchés, cors et contrebasses.

Les quelques embrouillaminis au niveau de la cohésion, inhabituels à l'OSM, n'ont à mes yeux aucune importance quand le caractère intrinsèque d'une oeuvre est aussi justement rendu, car rien n'est pire que la perfection stérile et cette interprétation, où seul m'a fait tiquer le tempo fluide rendant le 2e mouvement un peu lisse, n'avait rien de stérile.

Dimanche dans la soirée, l'OSM annonçait qu'en septem,bre prochain, Kent Nagano et sept musiciens de l'OSM, en guise de «solidarité avec le peuple du Nord et sa culture», visiteront Inukjuak (1600 habitants), Kangiqsujuak (600 habitants) et Kuujjuak (2100 habitants) trois villages du Nunavik, territoire de la région arctique du Québec.

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Collaborateur du Devoir

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DIMANCHES EN MUSIQUE.

Beethoven: Concerto pour piano n° 5 «Empereur». Chostakovitch: Symphonie n° 7 «Leningrad». Till Fellner (piano), Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano. Salle Wilfrid-Pelletier, dimanche 25 mai 2008. Reprise ce soir à 20h.


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