Concours musical international de Montréal - Sara Daneshpour, la magnifique
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Dans un concours où, à présent, les candidats retenus ont dit beaucoup sur leur musicalité et leur sens esthétique lors de deux épreuves en solo (l'une assez encadrée dans le choix des oeuvres, l'autre très ouverte), l'étape finale du concerto devient l'équivalent du programme libre en patinage artistique. C'est-à-dire qu'il serait bien dommage qu'on mette les compteurs à zéro en ne tenant pas compte de ce qui s'est passé la semaine dernière à Pierre-Mercure.
À partir du moment où l'inanité musicale de ses Brahms, Debussy, Haydn et Scarlatti n'ont pas suffi au jury à éliminer Takada, on ne peut pas reprocher à ce pianiste expérimenté d'avoir joué le jeu à fond. Il a pris le risque du «2e de Proko». Pari gagné. Bien joué. Il fallait l'antériorité des épreuves précédentes pour se rendre compte que l'ennui mortel distillé par le passage calme central du dernier mouvement n'était pas du tout le fait du hasard. Takada n'est tout simplement pas «équipé» dans l'art du toucher pour l'habiter.
L'art du toucher, Sara Daneshpour, la magnifique, le maîtrise parfaitement. Elle a appliqué cette science au 1er Concerto de Tchaïkovski en créant l'émerveillement par son inventivité jamais factice. Surprise majeure: en termes de rendement sonore, sa technique, qui mobilise tout le haut du corps, donne plus de consistance aux sons fortissimo que ceux de Takada, plus «frappés». Écouter Sara Daneshpour c'est se rendre compte que le talent, ça ne s'invente pas, ça ne s'enseigne pas et ça ne s'acquiert pas entre 25 et 30 ans. C'est pour cela, très précisément, qu'il était impardonnable de se priver des Osokins, Kotaro Nagano et Janucevicius en finale.
Quant à Saratovsky, il n'y a rien à dire. Il a été un peu en deçà de son niveau, c'est-à-dire qu'à part des imperfections un peu partout il ne restait plus grand-chose.
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FINALE (première soirée)
Beethoven : Concerto n° 5 «Empereur»,
Sergeï Saratovsky (26 ans, Canada).
Tchaïkovski: Concerto n° 1. Sara Daneshpour (21 ans, États-Unis). Prokofiev: Concerto n° 2. Masataka
Takada (31 ans, Japon). Orchestre Métropolitain
du Grand Montréal, dir. Jean-Marie Zeitouni. Théâtre Maisonneuve, 26 mai 2008.
Seconde soirée aujourd'hui.
Vos réactions
L'âge de Takada (réponse) - par Christophe Huss
Le mercredi 28 mai 2008 20:00
Bien d'accord - par David Jalbert
Le mercredi 28 mai 2008 16:00
L'âge de Takada - par Christine Baril
Le mardi 27 mai 2008 11:00

