Technologie - Microsoft veut appâter les utilisateurs avec des rabais

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Bruno Guglielminetti
Édition du lundi 26 mai 2008

Mots clés : consommation, Microsoft, Internet, Informatique, États-Unis (pays)

source Microsoft
La nouvelle approche «Live Search Cashback» de Microsoft veut tirer profit de l'utilisation grandissante de la recherche dans le processus de l'achat en ligne. Sur cette saisie d'écran, le résultat d'une recherche sur les concessionnaires automobiles de Montréal.

À défaut de séduire les internautes et de les attirer par la qualité de son service de recherche en ligne, Microsoft a décidé de prendre les grands moyens pour détourner les utilisateurs de Google, l'argent!

L'entreprise, présidée encore quelques mois par Bill Gates, vient de mettre en place un nouveau programme de rabais pour les internautes qui décident d'utiliser son moteur de recherche Live. Le programme Live Search cashback, disponible uniquement aux États-Unis pour le moment, veut offrir des rabais aux consommateurs qui sont à la recherche de biens à acheter en ligne.

Il faut dire que Microsoft déteste sa troisième position au palmarès des moteurs de recherche sur le marché américain. Selon la maison de recherche comScore, Google détient toujours la plus grosse part de marché aux États-Unis avec 61,6 % de toutes les recherches effectuées chez nos voisins. En comparaison, Yahoo en décroche 20,4 % et Microsoft se retrouve avec seulement 9,1 %.

Une troisième position qu'elle détient depuis des années maintenant et qu'elle cherche à perdre par tous les moyens pour prendre la seconde place de Yahoo à défaut d'obtenir la première place qui est occupée par l'indétrônable Google. Une obsession qui explique d'ailleurs toute cette saga financière entourant la volonté de Microsoft d'acquérir Yahoo le mois dernier.

Chercher pour acheter

La nouvelle approche Live Search Cashback de Microsoft veut tirer profit de l'utilisation grandissante de la recherche dans le processus de l'achat en ligne. Selon Microsoft, presque un tiers des recherches en ligne ont pour but de trouver un produit de consommation en ligne et d'en faire l'acquisition. Même chose pour le placement publicitaire dans les moteurs de recherche où l'on trouve majoritairement des commerces qui tentent de convaincre les internautes de venir acheter chez eux. De là, l'importance du placement publicitaire par mot-clé.

Mais cette fois, Microsoft vise directement le consommateur avec son programme de rabais qui lui permet de trouver de bonnes occasions et, en plus, d'obtenir un remboursement basé sur la valeur des biens achetés en ligne chez des commerçants présents sur le Web. Ce remboursement est en fait un pourcentage négocié par le commerçant avec Microsoft. Une fois la transaction terminée et Microsoft avisé par le commerçant, le remboursement sur l'achat est transféré au consommateur en utilisant l'outil de paiement PayPal, un chèque à la poste ou par un dépôt dans leur compte de banque des consommateurs qui s'inscrivent à son programme.

Le programme semble avoir un certain succès auprès des commerçants puisque Microsoft confirme déjà plus de 700 commerçants participants au programme Live Search Cashback pour un rabais disponible sur plus de dix millions de produits en ligne. Parmi les participants, on retrouve Barnes and Noble, Circuit City, eBay, Foot Locker, Home Depot, HP et Sears. Et selon le commerçant, les remboursements sur achat peuvent aller de 2 % à 31 %.

Pendant ce temps, du côté de Google

Reste à voir maintenant comment va réagir Google à cette nouvelle offensive de Microsoft. Car si l'opération Live Search Cashback fonctionne bien, en plus de faire perdre des requêtes au moteur de recherche Google, celle-ci pourrait lui faire perdre par ricochet des annonceurs qui voudront investir leurs budgets publicitaires dans un environnement où les usagers semblent encore plus prêts à faire une acquisition en ligne.

Mais Google prépare peut-être quelque chose de son côté, quelque chose d'encore plus gros avec le lancement de son nouveau service Google Health. Un service qui permet à un internaute de créer son propre dossier de santé en ligne, hébergé sur les serveurs de Google. J'entends déjà des lecteurs frissonner. Mais ce n'est pas tout. Google permet également aux utilisateurs de ce nouveau service de faire des passerelles avec les dossiers que certains spécialistes, cliniques ou hôpitaux auraient à leur sujet et ainsi, présenter un rapport plus complet sur leur histoire médicale. Tout ça, gracieuseté de Google.

Parallèlement, Google vient de tisser des partenariats avec plusieurs fournisseurs américains de contenu médical pour alimenter son service Google Heath et ainsi créer un lieu de prédilection pour nourrir les craintes de tous les hypocondriaques de la planète à la recherche d'explication à leurs symptômes imaginaires.

Avec tous les renseignements que certains utilisateurs de Google vont révéler dans leur dossier de santé en ligne Google Health, dans leur boîte de courriel Gmail, de leurs achats avec Checkout, de leurs intérêts financiers avec Google Finance, de leurs déplacements avec Google Maps, de leur agenda avec Google Calendar, de leurs documents de travail avec Google Docs, de leurs photos personnelles avec Picasa et de leur navigation sur Internet avec Web Accelerator, on comprend pourquoi Google construit tous ces centres de données ultrasécuritaires aux États-Unis. Imaginez un peu une faille dans la sécurité et un vol de toutes ces données. J'imagine déjà l'ampleur des recours collectifs et le sourire aux lèvres des cabinets d'avocats sur l'affaire.

***

bguglielminetti@ledevoir.com

Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).


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