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« Cachez ce Crucifix qu'on ne saurait voir... »

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Ernesto Sanchez
Envoyé Le samedi 24 mai 2008 22:00



« Cachez ce Crucifix qu'on ne saurait voir » s'écrient les Tartuffes de la laïcité, les apôtres de la langue de bois, les émules de la révolution culturelle chinoise, les négationnistes du patrimoine culturel du Québec. Et que la chasse aux sorcières ne s'arrête pas en si bon chemin... haro sur « les symboles qui donnent l'impression que... » car cet intégrisme est insatiable dans sa tâche d'expurger, gommer, renier. Si le travail venait à leur manquer, ils pourraient se rendre dans les vieux pays et dans des villes comme Rome, par exemple, qu'il faudrait débarrasser des traces omniprésentes de ses différentes mythologies.

On veut nous faire croire que la laïcité doit faire comme si la société naissait aujourd'hui, sans passé et donc sans mémoire, et heureuse avec ça, car - c'est bien connu - les peuples heureux n'ont pas d'histoire. L'espace civique serait forcément désincarné, purifié, stérilisé, et les célébrants du rituel démocratique condamnés à laisser au vestiaire les manifestations de leur subjectivité propre (éthique, esthétique, philosophique ou religieuse) qui fait d'eux des êtres de chair et de sang.

La logique de cette approche, c'est l'imposition de l'uniforme et de la langue de bois, car la couleur d'une cravate, par exemple, pourrait toujours « donner l'impression que... ». Ces préfets de discipline de la laïcité oublient qu'on n'a que faire de leur inquisition soviétique, car dans la vie de la Cité tout est politique. Les élus doivent servir l'État non pas en automates programmés par la ligue de la stricte observance, mais en étant eux-mêmes pleinement, riches de leur savoir-faire, de leurs valeurs et de leurs expériences, et donc aussi de leur tact et de leur à-propos. Et si leur prestation ne convient pas, que les citoyens souverains les remplacent par d'autres!

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