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« Cachez ce Crucifix qu'on ne saurait voir... »
On veut nous faire croire que la laïcité doit faire comme si la société naissait aujourd'hui, sans passé et donc sans mémoire, et heureuse avec ça, car - c'est bien connu - les peuples heureux n'ont pas d'histoire. L'espace civique serait forcément désincarné, purifié, stérilisé, et les célébrants du rituel démocratique condamnés à laisser au vestiaire les manifestations de leur subjectivité propre (éthique, esthétique, philosophique ou religieuse) qui fait d'eux des êtres de chair et de sang.
La logique de cette approche, c'est l'imposition de l'uniforme et de la langue de bois, car la couleur d'une cravate, par exemple, pourrait toujours « donner l'impression que... ». Ces préfets de discipline de la laïcité oublient qu'on n'a que faire de leur inquisition soviétique, car dans la vie de la Cité tout est politique. Les élus doivent servir l'État non pas en automates programmés par la ligue de la stricte observance, mais en étant eux-mêmes pleinement, riches de leur savoir-faire, de leurs valeurs et de leurs expériences, et donc aussi de leur tact et de leur à-propos. Et si leur prestation ne convient pas, que les citoyens souverains les remplacent par d'autres!
