J'apprécie la distinction que fait la commission BT entre enlever un symbole religieux (le crucifix) et sa destruction pure et simple. Il faut reconnaître que plusieurs crucifix sont incrustrés dans la pierre de beaucoup d'édifices au Québec, et que dans ces nombreux cas, ils revêtent une valeur patrimoniale, car ils font partie intégrante de l'édifice. Mais lorsqu'il s'agit d'un objet accroché au mur, comme le crucifix de l'Assemblée Nationale, celui-ci fait parti des meubles que nous pouvons réaménager à notre guise pour mieux réfléter la valeur qu'on y accorde. Or en négligeant de décrocher le crucifix de l'Assemblée Nationale ou de l'Hotel de ville, il est à se demander si nos élus sont en fonction pour faire valoir la volonté du peuple ou celle de Dieu. Pourtant, nous sommes bien au Québec, un Québec qui prétend avoir opéré une séparation entre l'État et l'Église. Parce qu'au Québec on croit que les vieilles histoires doivent se prolonger indéfiniment dans le quotidien. Avec un tel raisonnement, je crois qu'il y aurait lieu, aussi, de porter l'épée à la ceinture. Car l'épée a elle aussi beaucoup marquée notre histoire. Trève de plaisanteries, je crois qu'il vaut mieux laisser avancer l'Histoire naturellement. Et à ce jour, nous en sommes à l'après divorce entre l'État et l'Église. Alors soyons cohérent.