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Pourquoi pas la croix noire ?

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Claude Daigneault (cdaigneault@intermonde.net)
Envoyé Le vendredi 23 mai 2008 10:00



Dans ce tissu de recommandations "moumounes" que laissaient présager les fuites dans le quotidien de droite "The Gazette", ne faudrait-il pas contrer l'excès de sirop judéo-chrétien du rapport Bouchard-Taylor, propre à nous plonger dans la plus profonde déprime, par la seule arme qui reste à tous les Québécois pour se réaffirmer ? Ma solution c'est l'humour. Et c'est avec une magnanimité sans borne que j'offre mes solutions.

À l'Assemblée nationale, remplaçons le crucifix par la croix noire de la tempérance si chère à nos ancêtres. On fera d'une pierre deux coups : on illustrera une époque historique et on fera un commercial pour la SAQ.

Toujours dans ces lieux de haute voltige intellectuelle, instituons la journée du hijab pour toutes les députées, les obligeant à porter le foulard. Pour les plus convaincues de prosélytisme, il sera permis de porter la burka en ce même jour. Les députés auront aussi droit à leur journée : ils revêtiront des costumes hassidiques et porteront des boudins. Au choix, ils pourront porter un boubou, un costume de garde royal grec, un chapeau melon, un sombrero, etc. Plus on est de fous, plus on s'amuse.

Les jeunes filles qui insistent pour jouer au soccer avec un hijab devront en retour manifester leur désir de s'intégrer à la société québécoise en se fabriquant un foulard avec un drapeau du Québec.

L'emblême national du Québec devra redevenir le petit agneau blanc qui vient de naître, mais tacheté de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel pour être à l'image de notre société pluraliste.

L'hymne national du Québec (si jamais on décide d'en adopter un) devrait être emprunté à la France (il faut tout de même garder un lien de "fraternité" avec Sarko-le-petit) ; je suggère ardemment la chanson de Jean Yanne : "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil".

J'entendais ce matin le représentant de B'Nai Brith dire aux animateurs de l'émission de nouvelles à LCN qu'il était très satisfait parce que (je cite de mémoire étant encore dans les vapeurs du sommeil à ce moment) : "Nous sommes très contents ; nous avons obtenu ce que nous demandions". Pourquoi ne pas remplacer la devise "Je me souviens" (de toute évidence, il n'y a plus grand monde qui se souvient de ce qu'est le Québec) par quelque chose de plus approprié au contentement ? Mais, quelque chose d'historique tout de même. Je l'ai ! On pourrait prendre la réplique de Paul Desmarteaux dans un commercial de cigares au début de la télévision dans les années 1950 : "Content ! Content ! Bon vieux Pec-Top". Vous me direz que les jeunes générations ne connaissent ni Paul Desmarteaux ni le cigare Pec-Top à 5 cents. Et alors ? On ne leur enseigne plus l'histoire (ou à peu près pas) et il ne savent pas non plus ce que signifie "Je me souviens". Où est la différence ?

900 mémoires, des millions de dollars pour se faire dire : dans le fond, il n'y a pas de crise, tout va très bien madame la marquise. La crise identitaire des Québécois n'en est pas une ; ou plutôt elle n'est pas plus grave qu'une rage de dent.

Au fond, que peut-on dire de plus à un peuple de peureux qui se contente de la nationalité "inodore, incolore et insipide" dont lui a fait cadeau le premier ministre du Canada comme on se débarrase d'un enfant trop insistant, soit par un bonbon ?

On a les commisssions d'étude qu'on mérite, comme les gouvernements.

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