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Indépedance difficile

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Pierre Rousseau
Envoyé Le lundi 19 mai 2008 11:00



Comme je dormait sur la « switch » et que je n'ai pas pris connaissance de cet article avant aujourd'hui, mardi d'une grande fin de semaine, j'ai l'avantage d'avoir lu toutes les réactions à l'éditorial de M. Descôteaux et ce qui me frappe c'est l'absence d'argument de part et d'autre en faveur soit de l'indépendance du Québec ou de son maintien dans la fédération canadienne. Les réactions ne sont souvent que des invectives plus ou moins personnelles envers les « adversaires » politiques. À mon humble avis, cela n'avance en rien le débat de part et d'autre.

Voyons la réalité. La société francophone canadienne se marginalise de plus en plus, même au Québec, non seulement en vertu des nombres mais aussi, et par incidence, par l'attraction de plus en plus forte du monde anglo-américain. D'autre part, des problèmes planétaires touchent tous les peuples et semblent plutôt insolubles étant donné l'attitude de certains pays face, par exemple, aux changements climatiques (Canada et USA entres autres).

Donc, le projet d'indépendance pour les Québécois devient de plus en plus difficile et, s'il doit se réaliser, il me semble qu'il faudra y travailler très fort car le support populaire semble stagner autour de 40 à 45%, ce qui est insuffisant dans une société démocratique mais est une force qui doit être reconnue et respectée.

D'autre part, les fédéralistes ne font pas grand chose pour assurer au Québec et aux francophones du Canada leur survie à long terme ainsi qu'un niveau très élevé d'autodétermination. Certains efforts furent faits dans le passé (Accord du lac Meech par exemple) mais toujours insuffisants pour garantir la survie de la francophonie québécoise et canadienne et même cette entente déficiente pour les Québécois a été rejetée par le reste du Canada (ROC).

De ce point de vue, la situation actuelle est plutôt bloquée (sans jeu de mot) car le ROC n'a que très peu d'intérêt pour la question québécoise, compte tenu des problèmes planétaires auxquels nous devons faire face et des tergiversations incessantes des Québécois. D'une certaine façon, cela n'aide pas les tenants de l'option fédéraliste qui voudraient des changements constitutionnels importants pour satisfaire les demandes du Québec car il n'y a pas de support dans le ROC et cela pourrait en fait favoriser l'option souverainiste en ne laissant que cette option à tous ceux au Québec qui veulent des changements constitutionnels visant à l'autodétermination. Donc, de part et d'autre il serait sage de s'atteler à la tâche et d'expliquer clairement les options respectives de manière à convaincre le plus de gens possible de l'avantage de leur option.

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