Si je me fie aux articles des lecteurs du Devoir, il est infiniement triste de constater cet espèce de "confort et d'indifférence" comme le disait si bien Arcand, qui lui-même a jeté l'éponge depuis longtemps. Les Québécois de l'après-référendum volé de 1995 vivent une forme de léthargie et ne réussissent plus à se relever devant les coups de butoir des fédéralistes, qui depuis Trudeau jusqu'à Harper, n'ont cessé de leur faire perdre leur instinct de batailleur et de défenseur de leur langue et leur culture. Même dans le choix de leurs élus, les Québécois ont hérité de cancres et d'incompétents rarement aussi bien réunis qu'aujourd'hui, tout niveau de gouvernement confondu, dans la défense d'un fédéralisme qui les maintient dociles à coup d'argent et de subventions. Il faudra sans doute un leader, un héros, un patriote qui ne pense pas qu'à sa réélection pour pouvoir sortir de cette léthargie agonisante. Nous avons eu de grands leaders comme dans tous les autres pays, des hommes comme Lévesque, Papineau, Bouchard dans ses belles années de chef à Ottawa et Québec. Il m'apparaît invraisemblable, voire même impossible qu'un peuple si riche, un peuple si ouvert sur le monde au point d'en être bonasse, un peuple si créatif, enfin un peuple si fier puisse se regarder mourir sans relever la tête.