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Reine d'Angleterre - conquête anglaise

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Graham Hay
Envoyé Le samedi 17 mai 2008 08:00



Il est étonnant que des gens instruits comme Denise Bombardier, Pauline Marois, Gilles Duceppe et leurs groupes de députés, des historiens comme Jacques Lacoursière ou des animateurs radio comme Joël Le Bigot et de nombreux journalistes s'obstinent à dire reine d'Angleterre, conquête anglaise ou régime anglais en lien avec les réalités d'hier comme celles d'aujourd'hui.

Tout d'abord, il n'y a plus de « reine d'Angleterre » depuis la reine Anne en 1707. Hé oui, c'est comme ça, il y a eu l'union entre l'Écosse et l'Angleterre (qui avait déjà intégré le pays de Galles). C'est donc de reine ou de roi de Grande Bretagne dont il faut parler depuis cette date.

C'est donc la couronne (en fait le gouvernement) britannique qui gouvernait non seulement les îles britanniques mais aussi les colonies d'Amérique du nord et qui s'empara du Canada au cours de la guerre de Sept-ans.

S'obstiner à dire "Angleterre" au lieu de "Grande-Bretagne" (et son adjectif britannique) c'est mépriser tous les Écossais en niant ainsi leur participation (bonne ou mauvaise) à l'administration mais aussi à la vie quotidienne au Canada (qu'on l'appelle province de Québec, Bas-Canada, province du Canada ou dominion du Canada).

Murray, Drummond, Elgin, entre autres, comme gouverneurs étaient écossais. L'étaient aussi les Fraser, James McGill, les Blackburn, Harvey, bien des « Mac » et des « Mc » (noms aussi irlandais), les Simons (dont les ancêtres de ceux qui ont offert la magnifique fontaine de Tourny à la ville de Québec) et bien d'autres dont les noms font partie du patrimoine onomastique québécois.

Les Écossais ont été très nombreux dans la vallée du Saint-Laurent depuis 1759 et nier leur présence, leur contribution et leur intégration à ce qui est aujourd'hui le Québec est particulièrement odieux. C'est pourtant ce qu'à fait Le Bigot à son émission du 4 mai 2008 lorsqu'il a reçu en entrevue Luc Noppen sur la maison canadienne. Le Bigot utilisait systématiquement « anglais » alors que Noppen parlait de « britannique » en relation soit à l'architecture soit au régime politique ou colonial qui s'appliquait au territoire aujourd'hui québécois. Cette façon d'agir est le lot de bien d'autres intervenants politiques et médiatiques.

Parler de « reine d'Angleterre » aujourd'hui relève plus des Trois Mousquetaires que de la réalité. Comme je disais, il n'y a plus de reine d'Angleterre depuis 1707. De plus imaginer que Michaëlle Jean représente la couronne britannique est de la pure ignorance. En effet, cette couronne dont le premier ministre est Gordon Brown n'a rien a voir dans les gouvernements du Canada, pas plus qu'elle ne l'a eu avec Tony Blair ou John Major.

Alors à tous les passéistes, mettez-vous à jour et cessez votre méprisante histoire-fiction.

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