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La peur des idées, la liberté d'expression, la démocratie
Comme si les idées faisaient de plus en plus peur.
Comme si nous n'étions plus habitués à les manipuler, à les dires, à les discuter, à les défendre, à les débattre.
Vous avez bien raison, l'image domine.
Surtout ici, en Amérique, l'image domine.
Le débat fait peur. Il implique du changement.
Le changement fait peur.
La peur.
On fait campagne sur la peur.
Peur du terrorisme, peur du communisme, peur des idées.
Peur de ceux qui ont des idées.
Nos politiciens, devrait-on plutôt dire, nos pantins, sont, à l'instar de M. Dion, pusillanimes. Pusillanimes à l'extrême. Dion en est le roi incontestable.
On parle de démocratie, on craint les idées.
Juste ici, dans Le Devoir, les idées font peur et bousculent.
On voit de plus en plus et de plus en plus tard:
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On hésite à trop publier les commentaires.
Les idées dérangent. On préfère le conformisme idéologique.
On préfère que les discours suivent le courant et surtout ne le perturbent pas.
Quelle tristesse de voir notre démocratie à la dérive! On se gargarise de droit de parole, de liberté d'expression... pourtant, où sont les débats?
Le militarisme (des milliards pour l'armée!),
Le capitalisme gratuit, je dirais honteux,
Le contrôle de plus en plus insidieux dans nos libertés, justifié par une fausse sécurité.
Des lois de censure "douce", etc.
On nous en passe un petit peu chaque jour.
En bout de ligne, nous perdons peu à peu le contrôle de nos institutions, de nos ressources et ce, au profit d'un "groupe" mondial obscur qui empoche la richesse et contrôle le pouvoir.
Les pauvres qui ne peuvent plus se payer le riz qui pourtant a eu une production record l'an dernier.
Le carburant qui hausse extrême sans aucune justification extrêmement plausible.
Les inégalités croissantes entre extrêmement riches et extrêmement pauvres.
L'opulence honteuse et la misère atroce.
On subventionne des compagnies riches et on coupe les services sociaux.
Il est grand temps que la période de privatisation sauvage cesse.
Il est temps de tout nationaliser. L'énergie, les médicaments, les ressources naturelles.
Tous ces secteurs payant pour le privé, sont payants pour le public.
«La politique du plus puissant pays du monde est une campagne de publicité permanente qui oppose des individus et jamais des idées, des projets, des principes. Nous sommes dans le royaume du cliché.»
On vend du cliché et cela se répand. Il est temps de se brasser les idées. Il est temps de réagir, il est temps de supporter les rares politiciens qui ont un certain courage.
Il faut être conscient que nous sommes dans une sorte de sable mouvant de la politique et que peu à peu nous nous enfonçons.
«Vu de loin, Stéphane Dion est un Schtroumpf.»
C'est vrai que le valeureux Stéphane est plutôt bleu, un bleu de conservateur très Schtroumpf. Mais vu de près Dion est transparent. Transparent dans le sens d'insipide, de mollusque, dans le sens du sans aucune couleur. Un néant de courage.
Pire qu'un mollusque, car le mollusque, lui au moins, se traîne.
Serge Charbonneau
Québec
