Marchés boursiers - Alpha verra le jour en septembre
Mots clés : Alpha Trading Systems, Marchés boursiers, Investissement, Économie, Canada (Pays)
Le système boursier alternatif veut accaparer le cinquième du marché canadien des actions
Après avoir laissé planer pendant des mois l'hypothèse d'un lancement vers la fin de l'été, le groupe Alpha Trading Systems, un système boursier alternatif mis sur pied par neuf grands établissements canadiens, confirme une fois pour toutes qu'il sera en mesure de démarrer ses activités au mois de septembre 2008.«Je ne pense pas que 20 % nous prendra un an», aurait-il dit, selon ses propos rapportés hier par l'agence Bloomberg. «Nous voulons être un joueur de taille.» Le patron d'Alpha, Jos Schmitt, est l'ancien président de la Bourse belge des contrats à terme et des options, qui fait désormais partie de NYSE Euronext.
Alpha, qui vise le créneau des transactions automatisées, est appuyée financièrement par BMO Marchés des capitaux, Canaccord Capital, Marchés mondiaux CIBC, l'Office d'investissement du Régime de pension du Canada, Valeurs mobilières Desjardins, la Financière Banque Nationale, RBC Marchés des capitaux, Scotia capitaux et Valeurs mobilières TD.
Un porte-parole de la Bourse de Toronto a refusé hier de préciser le pourcentage du chiffre d'affaires de la Bourse qui provient de ces neuf établissements.
Pas de distinction
Alpha a indiqué dans un communiqué que sa grille de tarifs avait ceci de particulier qu'elle ne ferait aucune distinction entre les clients. «Le fait que nous facturerons des frais très compétitifs envers tous les participants, sans différentiation basée sur la taille des firmes ou leurs volumes de transactions [...], permettra à tout le monde de travailler sur un pied d'égalité et fournira de considérables avantages à l'industrie dans son ensemble», a dit M. Schmitt.
Or Alpha a aussi affirmé que ses données de marché seraient fournies gratuitement jusqu'à ce que le système d'Alpha ait mis la main sur 20 % du marché. «Il n'est pas normal que l'industrie ait à supporter des charges pour des données de marché avant qu'une masse critique ne soit atteinte», a ajouté M. Schmitt.
La vente de données de marché est une activité rentable pour la Bourse de Toronto et a contribué pour environ le quart du chiffre d'affaires total de 2007. Son rapport annuel 2007 montre que la vente de données a rapporté 110 millions, en hausse de 27 % par rapport à l'année précédente. Au premier trimestre 2008, les ventes étaient en hausse de 9 % par rapport à la même période en 2007.
La Bourse de Toronto est cependant incapable d'augmenter ses prix au chapitre de ce que doivent payer les clients pour transiger sur le parquet torontois. De 2006 à 2007, les revenus de négociation n'ont augmenté que de 4 %, à 102 millions, selon le rapport annuel.
Il y a déjà d'autres systèmes de négociation parallèles en activité au Canada, comme BlockBook, LiquidNet, Pure Trading, lancé au mois de septembre 2007. Le Groupe TSX, société mère de la Bourse de Toronto, a récemment réglé un litige de juin 2007 avec la société mère de Pure Trading, Canada Trading and Quotation System (CNQ).
À l'époque, Pure Trading était en train de construire son système informatique et préparait son lancement. Le TSX avait allégué que Pure Trading s'était servi de façon inappropriée du code informatique qu'on lui avait fourni pour que Pure Trading puisse communiquer avec les serveurs du TSX. La Bourse de Toronto disait avoir subi des dommages de 100 millions.
En juillet 2007, CNQ, qui se servait du code depuis 2003, avait affirmé que le TSX était tout simplement en train de paniquer à la vue d'un nouveau concurrent. «Le "timing" de cette poursuite n'est pas un hasard. Pure Trading est à quelques semaines d'un lancement», avait écrit CNQ.
Pour demeurer compétitive, la Bourse de Toronto a mis sur pied son propre système de négociation à très haut rendement, qui s'appelle Quantum. Ce système comprend pour l'instant les symboles boursiers de 37 entreprises.
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