L'inflation s'assagit légèrement aux États-Unis

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AFP
Édition du jeudi 15 mai 2008

Mots clés : prix à la consommation, inflation, Économie, États-Unis (pays)

Washington -- Les prix à la consommation se sont légèrement assagis en avril aux États-Unis, ce qui devrait rassurer la banque centrale sur les risques de dérapages de l'inflation et lui donner plus de marge de manoeuvre pour lutter contre le ralentissement économique.

Les prix à la consommation ont progressé de 0,2 % en avril par rapport à mars tandis que l'indice de base (hors alimentation et énergie) augmentait de 0,1 %, a indiqué hier le département du Travail. Ce sont des hausses inférieures aux attentes des analystes, et pour les deux indices la progression la plus faible depuis février. En mars, l'indice général avait augmenté de 0,3 % et l'indice de base de 0,2 %.

La Fed

Ce rapport était très attendu alors que la banque centrale (Fed) s'inquiète de plus en plus des risques de dérapage de l'inflation. «Il suggère que les pressions sur les prix se modèrent un peu. Cela devrait apporter un certain soulagement aux membres de la Fed les plus orthodoxes sur l'inflation», a estimé Charmaine Buskas, analyste de TD Bank.

La Fed voudrait maintenir l'inflation annuelle dans une fourchette de 1 à 2 % mais les prix ont constamment dépassé cette limite depuis plusieurs mois. En avril ainsi, ils ont gagné 3,9 % sur un an et 2,3 % hors alimentation et énergie.

Dans ce contexte, la banque centrale devrait en toute logique relever ses taux, ou au moins arrêter de les baisser. Mais cela lui pose un dilemme alors que l'économie est très affaiblie et a besoin, même si elle échappe à la récession, de taux bas pour lui permettre de redémarrer.

«Ce rapport devrait donner à la Fed une certaine marge de manoeuvre pour baisser ses taux si elle le juge nécessaire lors de sa réunion de juin pour contrer la rareté du crédit ou la détérioration de l'économie», a estimé Frederic Dickson, de DA Davidson. Le taux directeur est actuellement fixé à 2 %.

Modération durable

Les optimistes mettent en avant plusieurs facteurs plaidant pour une modération durable. «Les prix élevés de l'énergie et de l'alimentation ne font pas tâche d'huile du fait de la faiblesse de la demande. Les grands distributeurs font des promotions énormes pour maintenir leurs ventes», note Stephen Gallagher, de la Société Générale, en soulignant que les entreprises ont encore la capacité de tailler dans leurs «fortes marges» avant de relever leurs prix.

Mais un rapport ne fait pas une tendance et beaucoup incitent aussi à la prudence. «Il reste de nombreux risques», note Kenneth Beauchemin du cabinet Global Insight, notamment la flambée des prix de l'énergie qui ne semble pas vouloir se calmer.

D'autres soulignent le décalage entre ce rapport qu'ils jugent lénifiant et la réalité vécue par les consommateurs. Le ralentissement de l'inflation en avril s'explique par une stabilité des prix de l'énergie, surprenante mais due au fait que les données sont corrigées des variations saisonnières. D'autres biens et services (ordinateurs, billets d'avions, voitures...) ont aussi vu leur prix baisser.

«La baisse concerne les gros produits, qui ont du mal à se vendre actuellement», mais «pendant ce temps les produits de tous les jours connaissent de fortes hausses des prix», note l'économiste indépendant Joel Naroff. Les prix de l'alimentation ont ainsi enregistré leur plus forte hausse en 17 ans (+0,9 %), et plusieurs biens courants ont vu leurs tarifs augmenter: loyers, soins médicaux, fournitures scolaires... «Pour la famille moyenne qui ne va pas s'acheter de voiture ou d'ordinateur cette année, les conditions sont lamentables», ajoute M. Naroff, qui s'attend à ce que les prix de l'essence pèsent lourdement sur le rapport de mai.


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