Chine : 100 000 soldats ont été déployés dans la zone sinistrée
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Pékin décline l'envoi d'experts étrangers

Photo: Agence Reuters
50 000 soldats supplémentaires dans la province du Sichuan hier pour se joindre aux opérations de secours à destination des rescapés du puissant séisme, l'espoir s'amenuisant d'heure en heure pour les milliers de personnes toujours prisonnières sous les décombres ou la boue. Plus de 100 000 soldats chinois sont maintenant sur le terrain.
Cependant, la Chine a décliné, en avançant des problèmes logistiques, l'envoi d'experts étrangers pour rechercher les dizaines de milliers de personnes ensevelies par le violent séisme de lundi tout en continuant d'accepter les aides en nature et en argent.
Alors que des pans entiers de villes se sont effondrés comme des châteaux de cartes, ensevelissant leurs occupants, Pékin a dit non aux spécialistes proposés notamment par l'Australie, la Corée du Sud, le Japon et la République tchèque.
«Ils ne souhaitent pas recevoir cette forme d'aide» comprenant des secouristes et des chiens, a déclaré Zuzana Opletalova, porte-parole du ministère tchèque des Affaires étrangères.
La Chine a accepté les aides en nature (tentes, couvertures, médicaments) et financières venant du monde entier. Les aides financières se montent déjà à plusieurs dizaines de millions de dollars.
Pour certains responsables d'organisations humanitaires, le régime communiste souhaite montrer au monde qu'il peut se débrouiller pratiquement seul. «Pour la Chine, en plus d'une question de souveraineté, c'est une question de fierté nationale», a estimé Pierre Micheletti, responsable de Médecins du monde (MDM). «C'est un grand pays qui est sur le point d'organiser les Jeux olympiques et qui a sans doute du mal à admettre qu'il pourrait avoir besoin des autres pays pour l'aider à gérer la catastrophe.»
L'ONU a annoncé avoir mis en alerte ses experts en évaluation de catastrophes, mais une porte-parole a prudemment précisé que Pékin dispose «d'experts très bien formés».
Une année difficile
Le premier ministre Wen Jiabao s'est rendu hier midi dans le Beichuan, un comté rural que les secours ont eu du mal à atteindre et où les dégâts sont immenses. «Votre souffrance est aussi la nôtre», a-t-il déclaré au milieu d'habitants en larmes. «Sauver des vies humaines est la mission la plus importante.»
Dans la nuit de mardi à hier, le président chinois Hu Jintao s'est entretenu au téléphone avec son homologue américain George W. Bush. Les deux hommes ont discuté du séisme ainsi que du
Tibet, théâtre récent d'émeutes antichinoises.
Après avoir été la cible des critiques pendant des semaines pour sa gestion du dossier tibétain, la Chine est soudain l'objet de marques de sympathie et de bienveillance de la communauté internationale.
L'année 2008 devait être pour la Chine celle de sa consécration comme puissance mondiale émergente avec, en point d'orgue, l'organisation des Jeux olympiques à Pékin, en août, sous les yeux du monde.
Mais de nombreux événements ont terni l'image de Pékin depuis le début de l'année, de la crise du Tibet, où les Occidentaux accusent l'armée chinoise d'avoir réprimé des émeutes, à la tournée mondiale de la flamme olympique, largement émaillée d'incidents, en passant par la tempête de février. Des millions de personnes avaient alors été dans l'incapacité de rendre visite à leurs familles à l'occasion du Nouvel An et les réseaux d'approvisionnement en électricité avaient été fortement perturbés.
Après les émeutes au Tibet, les gouvernements occidentaux, en particulier, avaient ouvertement critiqué le régime communiste, s'attirant l'aversion de la population chinoise et provoquant des manifestations et des campagnes de boycottage contre leurs intérêts en Chine.
Depuis lundi, tout cela a laissé place à une vague de condoléances, de gestes de soutien et de sympathie en provenance du Japon, des États-Unis et d'Europe, faisant évoluer les sentiments de part et d'autre.

