Primaires américaines - John Edwards appuie Barack Obama

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AFP , AP
Édition du jeudi 15 mai 2008

Mots clés : Hillary Clinton, Barack Obama, John Edwards, Parti politique, Élection, États-Unis (pays)

Barack Obama (à gauche) et John Edwards lors d'une rencontre en janvier.

Photo: Agence Reuters

Washington -- Coup dur pour Hillary Clinton: l'ex-candidat à l'investiture démocrate, John Edwards, qui observait une stricte neutralité depuis son retrait de la course, le 30 janvier dernier, a donné son appui hier au sénateur Barack Obama.

M. Edwards, défenseur des classes moyennes qui a fait de la lutte contre la pauvreté l'axe de son combat politique, fait partie d'une poignée de personnalités influentes, avec notamment l'ancien vice-président Al Gore, dont le soutien risque d'être déterminant pour décrocher l'investiture. Fort de ce nouvel appui, M. Obama confirme son statut de grand favori de la course à l'investiture démocrate.

Proche des syndicats ouvriers, M. Edwards, ancien sénateur de Caroline du Nord et ex-candidat démocrate à la vice-présidence en 2004, est très populaire chez les ouvriers blancs, une catégorie d'électeurs qui fait défaut à M. Obama. Cette annonce survient d'ailleurs après que Mme Clinton eut battu Obama à plate couture, mardi, en Virginie occidentale, défaite qui a mis l'accent sur sa difficulté à séduire cet électorat.

Dès qu'Edwards, classé troisième, avait quitté la course à l'investiture, tant M. Obama que Mme Clinton lui avaient demandé de se prononcer en leur faveur, mais l'ancien candidat a gardé le silence pendant plus de quatre mois. Un de ses proches, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a expliqué qu'il voulait désormais travailler à réunifier un parti divisé par la dure bataille des primaires. Selon cette même source, M. Edwards aura gardé secrète sa décision jusqu'à la dernière minute afin d'être sûr d'être le premier à en informer Hillary Clinton.

Dans un entretien publié au début du mois sur le site du magazine People, M. Edwards, 54 ans, estimait que M. Obama voulait «vraiment sérieusement changer les choses et apporter une nouvelle façon de faire». Et d'ajouter: «Je crois que c'est un formidable symbole d'avoir un Afro-Américain qui pourrait être président.» Il avait également salué la «ténacité» de l'ex-première dame qui, selon lui, «montre une vraie force en elle».

M. Obama a également reçu hier l'appui de quatre super-délégués, des élus et responsables du Parti démocrate qui ont droit de vote automatique à la convention d'investiture et dont les voix seront cruciales dans le choix du candidat qui affrontera le républicain John McCain le 4 novembre prochain à la présidentielle. En comparaison, le même jour, Mme Clinton a reçu l'appui d'un seul d'entre eux.

Ratissant très large, M. Obama a par ailleurs obtenu l'appui du NARAL, la plus importante organisation de défense du droit à l'avortement aux États-Unis, et de trois anciens présidents de la SEC, l'autorité américaine de régulation des marchés, dont William Donaldson, ancien membre de l'administration sous Ronald Reagan et président de la SEC de 2003 à 2005 pendant le mandat de George W. Bush.

Mme Clinton a largement gagné mardi la primaire de Virginie occidentale avec 67 % des voix, contre seulement 26 % pour M. Obama. Jamais depuis le début des primaires elle n'avait réalisé un score aussi élevé. Dans un courriel adressé hier à ses partisans, Mme Clinton a indiqué qu'elle comptait demeurer dans la course jusqu'à la fin du cycle des primaires.

Selon le site indépendant RealClearPolitics (RCP), M. Obama dispose actuellement de 1885 délégués, contre 1718 pour Mme Clinton. Il faut 2025 délégués pour obtenir l'investiture du Parti démocrate. Il reste 189 délégués à attribuer d'ici le 3 juin.

Les derniers espoirs de Mme Clinton reposent sur la prise en compte des délégués de la Floride et du Michigan, deux États qu'elle a remportés mais dont les résultats ont été invalidés par la direction du parti parce que les primaires ont eu lieu avant la date autorisée.

Un sondage de l'université Quinnipiac indiquait hier qu'aussi bien M. Obama que Mme Clinton pourraient gagner le duel face à M. McCain. Selon ce sondage, M. Obama devance M. McCain de sept points (47 % contre 40 %) tandis que Mme Clinton est créditée d'une avance de cinq points (46 % contre 41 %).


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