Choix de couleur

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Serge Truffaut
Édition du jeudi 15 mai 2008

Mots clés : Hillary Clinton, Barack Obama, Parti politique, Élection, États-Unis (pays)

La défaite du sénateur Barack Obama en Virgine de l'Ouest était attendue, mais pas par un écart aussi marqué que celui enregistré. Hillary Clinton a en effet distancié son adversaire à l'investiture par une marge si énorme qu'elle suggère une érosion possible du vote démocrate lors de la grande finale de novembre. En effet, il n'a échappé à personne que le scrutin d'avant-hier s'est conjugué avec le facteur racial, avec la couleur de la peau.

En fait, Clinton a obtenu ce qu'elle voulait. De quoi s'agit-il? Consacrer Obama champion des démocrates lors de leur convention en août revient possiblement à favoriser la victoire de John McCain lors de la présidentielle. Preuves désormais à l'appui, son argument est le suivant: les cols bleus blancs qu'on qualifie parfois de «Reagan Democrats» seront plus enclins à accorder leurs faveurs au représentant des républicains qu'à celui des démocrates si celui-ci est Obama.

Pour l'heure, le sondage réalisé à la sortie des urnes en Virginie confirme certaines variables observées lors des primaires de l'Ohio et de la Pennsylvanie, qu'Obama avait perdues: la moitié des ouvriers blancs démocrates estiment qu'Obama ne partage pas leurs valeurs. Fait ahurissant, ces cols bleus croient dur comme fer le mensonge que relaient les radios-poubelles: Obama est musulman.

Cette composante raciale, il faut le rappeler et le souligner, avait été instillée par le clan Clinton, par l'ex-président pour être exact, lors de la primaire tenue en Caroline du Nord. Ce réveil de la bête avait valu une volée de bois vert de la part notamment du New York Times, qui exprimait par ailleurs le souhait que les Clinton prennent de la hauteur. C'est tout le contraire qui s'est produit.

Depuis lors, Hillary Clinton s'est appliquée à ratisser le plus de voix possible en aiguisant le racisme d'une certaine couche de la population. En Caroline du Nord, en Ohio, en Indiana, en Pennsylvanie et en Virginie occidentale, le camp Clinton a appliqué la recette qu'il avait auparavant concoctée lors des primaires du Nouveau-Mexique, de l'Arizona et du Texas. Les Clinton avaient alors tenté de séduire les citoyens d'origine hispanique en jouant la carte raciale.

En agissant de la sorte, Hillary Clinton tente de convaincre les super-délégués de la soutenir en nombre. Plus précisément, elle mise sur le principe suivant: ces derniers sont plus enclins à faire leur choix en fonction de la grande finale que les délégués plus portés, lors des demi-finales, à débattre des qualités et des défauts des candidats à l'investiture.

Cela étant, on notera que Barack Obama s'est jusqu'à présent abstenu d'évoquer ce sondage faisant état de la fatigue d'une majorité d'Américains en ce qui a trait aux dynasties. Après avoir eu Bush père et fils comme présidents, ils n'ont pas envie d'avoir Mme Clinton après avoir eu M. Clinton. Ce n'est pas une opinion, c'est un fait.


Vos réactions


Hillary Clinton, la Ségolène Royal des AmèresLoques - par François Caron
Le jeudi 15 mai 2008 12:00

clinton - par Monzinga Jean Robert
Le jeudi 15 mai 2008 11:00

Ce n'est pas fini tant que.... - par Diane Mercier (dmercier@ville.montreal.qc.ca)
Le jeudi 15 mai 2008 08:00

Manque de moralité au sud ? ! - par Gilles Bousquet
Le jeudi 15 mai 2008 07:00

Bémol... - par Yvon Montoya
Le jeudi 15 mai 2008 06:00

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