Affaire Omar Khadr - Dallaire compare le Canada et les États-Unis aux terroristes

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La Presse canadienne
Édition du mercredi 14 mai 2008

Mots clés : Roméo Dallaire, Omar Khadr, Justice, Terrorisme, États-Unis (pays), Canada (Pays)

Ottawa -- Le sénateur libéral Roméo Dallaire estime que leur traitement d'un jeune Canadien détenu à la base de Guantánamo Bay abaisse le Canada et les États-Unis au niveau des terroristes.

Le général à la retraite affirme qu'en faisant fi des droits d'Omar Khadr et des conventions internationales, les deux pays ne font pas mieux que ceux qui n'accordent aucune importance aux droits.

M. Dallaire a déclaré devant un comité parlementaire que Khadr est une victime, un enfant soldat qui devrait être réhabilité et réintégré dans la société plutôt que traduit en justice devant ce qu'il considère être un tribunal illégal.

Khadr n'avait que 15 ans quand il a été capturé en Afghanistan. Il est détenu depuis six ans à la base de Guantánamo Bay, à Cuba. Les États-Unis veulent qu'il soit jugé par un tribunal spécial.

L'ancien général, dont les expériences troublantes durant le génocide de 1994 au Rwanda ont fait un ardent défenseur des droits de la personne, croit plutôt que le Canada doit tout faire pour le rapatrier.

M. Dallaire a fait valoir que les Américains avaient été mus par la panique après les attentats du 11 septembre 2001 et que le Canada était pris dans un jeu politique, ce qui les plaçait au niveau des terroristes. «Dès que vous vous mettez à jouer avec les droits humains, les conventions, les libertés civiles, en disant que c'est pour votre protection, vous n'êtes pas mieux que ceux qui n'y croient pas du tout», a-t-il déclaré.

Le député conservateur Jason Kenney a demandé à M. Dallaire si c'est ce qu'il croyait vraiment. M. Kenney a noté nombre d'actes outrageux d'al-Qaïda, dont un incident au cours duquel le réseau terroriste a envoyé des jeunes filles ayant des problèmes de santé mentale se faire exploser dans un marché de Bagdad.

«Est-ce que vous voulez dire qu'al-Qaïda, qui envoie une fille de 14 ans avec le syndrome de Down se faire exploser dans un endroit public, est l'équivalent moral du Canada qui ne fait pas d'efforts politiques extraordinaires pour le transfert d'Omar Khadr au pays, a demandé le député. Est-ce que c'est votre position?»

M. Dallaire a été intraitable. «Si vous voulez une réponse noire ou blanche -- et je suis prêt à vous la donner --, absolument! a-t-il dit. Vous êtes soit avec la loi, soit contre la loi. Vous êtes soit coupable, soit non coupable.»

Le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, a affirmé être en désaccord avec le choix des mots de M. Dallaire et a laissé entendre que le sénateur libéral pourrait être discipliné.

«C'est une question qui doit être discutée avec le whip du parti et elle le sera, a déclaré M. Dion aux journalistes. En mes mots, je dirais que le Canada devrait faire comme les autres pays et demander au gouvernement américain de ramener le ressortissant canadien au pays pour qu'il soit traduit devant la justice canadienne.»


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