Mauvaises performances aux élections partielles - Dumont va modifier son cabinet fantôme
Mots clés : cabinet fantôme, Mario Dumont, Action démocratique du Québec, Parti politique, Québec (province)
Selon Pauline Marois, l'ADQ a «un problème de message, un problème de profondeur»

Photo: Jacques Nadeau
Le chef adéquiste avait déjà annoncé son intention d'apporter des changements à sa formation. Hormis les trois ténors adéquistes -- le leader parlementaire, Sébastien Proulx, le porte-parole en matière de finances, Gilles Taillon, et le critique en santé, Éric Caire --, un trio auquel on peut peut-être ajouter le jeune député Simon-Pierre Diamond, chargé hier de donner tant bien que mal une interprétation de l'effondrement adéquiste aux médias électroniques, et Sylvie Roy, la porte-parole en matière de sécurité publique, un thème populiste cher à l'ADQ, peu de députés adéquistes sont sortis de l'anonymat depuis leur élection en mars 2007. Le défi pour Mario Dumont, en composant son cabinet fantôme, sera de remplacer des porte-parole restés anonymes par des pairs non moins anonymes.
Hier, les élus adéquistes rasaient les murs du parlement pour mieux fuir les journalistes. Seul le député des Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, s'est permis un bref commentaire. «Il faut se rappeler que, sur l'île de Montréal, on n'a jamais performé», a-t-il avancé. Les électeurs ont lancé un message à son parti, a convenu M. Picard. «On va changer notre manière de livrer notre discours.» Ce n'est donc pas le discours de l'ADQ qui cloche, mais la façon de le rendre.
Explications
Tant au Parti libéral du Québec qu'au Parti québécois, on expliquait les déboires de l'Action démocratique du Québec par son manque de contenu.
L'ADQ a «un problème de message, un problème de profondeur», juge la chef du PQ, Pauline Marois. «C'est une chose d'affirmer des points de vue, c'est une autre chose d'être capable en sus de les supporter concrètement par des projets, par des prises de positions», a-t-elle signalé.
Le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, a parlé de son côté d'un manque de substance. «Les gens veulent que Mario Dumont mette plus de substance dans ce qu'il dit et dans ce qu'il fait. Je pense qu'on a vu Mario Dumont, le roi de la clip, depuis un an. Son grand défi -- et ça, c'est la population qui lui demande de relever ce défi --, c'est maintenant de passer à des choses sérieuses.»
Le message agressif sur l'immigration et la langue, mis à l'essai par l'ADQ dans Bourget et Pointe-aux-Trembles, n'a pas passé à Montréal, juge Pauline Marois. La députée de Crémazie, Lisette Lapointe, estime que l'ADQ «a tenté de donner l'impression qu'il y avait une menace. Les gens n'ont pas aimé ça». Qui plus est, c'est un Québécois issu de l'immigration, Maka Kotto, qui a remporté la victoire dans Bourget, s'est réjouie Mme Marois.
Selon le député de Rousseau, François Legault, l'ADQ a proposé du changement en mars 2007, un message bien reçu alors par les électeurs, mais Mario Dumont «les a inquiétés» depuis. «Aujourd'hui, on se retrouve de façon paradoxale devant un électorat qui ne souhaite pas de changement pendant un certain temps, a expliqué M. Legault. Évidemment, ça avantage un gouvernement comme celui de M. Charest, qui ne fait à peu près rien.»
Les résultats de lundi font pousser un soupir de soulagement au PQ. Dans l'est de l'île de Montréal, «les gens ont démontré que le PQ était leur choix», a observé Lisette Lapointe. Ce qui ressort de ces résultats, «c'est aussi qu'il n'y a pas grand chance que l'ADQ puisse former le prochain gouvernement. Donc, ça nous donne un statut nouveau».
De plus, ça augure bien pour le PQ dans les couronnes de Montréal -- le «450» --, où le parti a perdu énormément de plumes au profit de l'ADQ. En revanche, la montée des petits partis, surtout le Parti vert, n'est pas sans inquiéter au PQ. Pour Pauline Marois, «c'est sûr qu'il faut s'en préoccuper», des petits partis comme le Parti vert ou Québec solidaire. «Peut-être qu'il y a des échanges qu'on pourrait avoir avec nos amis du Parti vert», a évoqué Mme Marois.
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