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Les déversements fluviatiles de l'imaginaire.

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Gerry Pagé
Envoyé Le mardi 13 mai 2008 10:00



En corrigeant et en cherchant à donner une leçon historique à son chef et gourou, au sujet du déclenchement ou de l'enclenchement de l'historico-plastie du Canada ou, du moins, de ce qu'il veut nous en faire accroire, le rougeâtre Couillard semble prendre le pas sur le bleuté Charest et à s'en distancier «histologiquement». Celui qui «se» qualifie et s'affiche «grand étudiant de l'histoire» n'est-il pas en train de nous dire que, historiquement, les succès monstres de «son» Suroît génial et de «son» Mont Orford clandestin sont un présage de celui de «son» gros malin Rabaska?

Enfin! Trop, c'est comme pas assez. Ces gens excellent dans l'art de nous passer autant de résineuses épinettes québécoises que de gommeux sapins canadiens. Au chapitre des histoires, celles d'Èphrem et Symphorien sont tout aussi drôles, pour ne pas dire davantage.

Royalement frustré d'avoir été délayé en France et relégué au rang de simple observateur de banquette arrière, à La Rochelle, le mémorialiste raconteur d'historiettes en rajoute, en persiflant son chef et en laissant entendre que l'actuel PM minoritaire du PLQ grabataire aurait passé inaperçu, en la présence royale de la chef d'État Michaëlle, la presque reine du Canada, qui a eu un effet boeuf auprès de la grenouille présidentielle de cette Douce France, cher pays des provinciaux enfantillages et joviales délinquances.

Dans le cadre du 400e, les médias à la petite semaine, donnent franchement dans le «7 Jours» et les flashes des clips bouche-trou de leur imagerie à sensations. En l'absence du «400e historique», celui de la grande traversée 2007-2008 et de ses pétards mouillés, provoqua le carnavalesque déferlement d'une vague de sardines échouées dans le filet des leurres et des attrapes attaché au Paquebot Montcalm, appelée Palais. Le «400e touristique» n'a pas encore décollé ni levé, après bientôt un semestre, que la fabuleuse du «400e festivalier», remisée dans les tourelles du petit kremlin de la programmation secrète 2008, s'efforce de faire oublier le «400e carnavaleux» que dame nature a soufflé et balayé sous les blancs tapis de sa poudreuse impatience.

Au lieu de trancher si doctoralement que les Français ne comprennent pas l'actuel débat québécois, le féru historiographe et ménestrel libéral de notre région, son pied-à-terre, aurait mieux fait de spécifier que ce sont plutôt les ébats, les éclats et les fracas langagiers du premier rustaud magistrat de la Cité de Champlain, que les Français n'ont pas pu décoder ni déchiffrer. On était habitué de voir et d'entendre les séparatistes et les Michel Guimond de leur succursale bloquiste, en Canada, réécrire l'histoire de leur religionnaire vision républicaine de notre beau Q, mais voilà qu'après les essais de Charest, ceux de Couillard font office de cerises sur un Banana Split national dégoulinant qui ne trouvera pas preneur.

Un 400e de fresques et de frasques en succession, d'orgies dépensières et de bourrasques incendiaires qui n'en finissent plus et que certains ténors sans voix, sopranistes à la glotte coincés et scribouillards sans papiers veulent rebétonner aux murs du grand théâtre national de leur tiers-mondistes monologues incultes.

Que le 400e des farandoles et des guignols continue l'étenderie de ses épais tapis d'aller-retour ainsi que la construction de sa grande place et de ses estrades réservées aux têtards qui vivent aux crochets et aux fêtards qui vivent aux crédits des subventions de nos Trésors fédéral et provincial et réservées aux illustrissimes «Pierre Boulanger» de ce monde des grandes accointances de l'autocratie bourgeoise de la «High Class» politique de la Vieille Bourgade, Capitale d'une si grande Nation en voie d'ajouter à son Joyau patrimonial, les breloques des indéfinissables et agaçantes spécificités de son statut si précieusement particulier.

Mais, de grâce, laissez les bonnes gens du peuple, ce monde exclu des parquets qui font courir les farfadets et les fanfreluches, laissez-nous nous réunir, nous fêter et nous amuser, comme nous avons toujours su si bien le faire, dans le meilleur esprit de la typique convivialité qui nous distingue, sans que ça ne nous coûte trop cher et dont l'historicité n'est plus à défendre.

Encourageons La Baie, les quelques commerces et les rarissimes restaurants de la Capitale qui affichent les couleurs de notre 400e anniversaire. Que chacun ferme serré le robinet de la pollution médiatique et que chacun se débarrasse des complexes que les petits clans et quelques officines commanditées de la désinformation tentent d'incruster dans l'imaginaire québécois.

Gerry Pagé
Ville de Québec

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